Demotte accuse le MR de trahir l’unité
n.c.
Mercredi 19 septembre 2007
101 jours sans gouvernement. Le ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), a accusé le MR de mettre à mal l’unité francophone dans le domaine institutionnel. L’appel lancé par le président des Réformateurs Didier Reynders est, selon lui, destiné d’abord à sortir les négociations gouvernementales du bourbier.
Le ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), a accusé mercredi le MR de mettre à mal l’unité francophone dans le domaine institutionnel. L’appel lancé la semaine passée par le président des Réformateurs, Didier Reynders, à un débat entre francophones pour rationaliser les institutions francophones est, d’après lui, destiné d’abord à sortir les négociations gouvernementales du bourbier.
« La méthode utilisée aujourd’hui est indigne de l’unité francophone », a lancé M. Demotte en réponse à des interpellations au parlement wallon.
Les francophones ne sont pas demandeurs de réformes institutionnelles et de nouveaux transferts de compétences, a-t-il rappelé, s’interrogeant toutefois sur l’attitude du MR. Régulièrement, M.
Reynders a dit en effet être disposé à en discuter. Et le chef de groupe MR, Serge Kubla, a appelé mercredi les autres formations politiques à ne pas faire preuve de frilosité et à débattre, au sein du parlement, de matières qu’elles seraient, le cas échéant, prêtes à régionaliser dès lors qu’elles sont accompagnées d’un financement suffisant.
Pour le ministre-président, tout cela s’apparente plutôt à une trahison des thèses francophones. « Est-ce là les pièces de Judas pour une trahison francophone ? », a-t-il demandé.
Le CDH n’est pas non plus demandeur d’un tel débat intrafrancophone. Il préconise plutôt l’utilisation optimale des outils existants, estimant que la meilleure arme dont disposaient les Wallons était le redressement de leur Région. Le MR n’a pourtant pas manqué de rappeler aux centristes qu’une rationalisation des institutions francophones figurait dans leur programme. « Défendez votre programme ! », a lancé M. Kubla au CDH.
Écolo est disposé à répondre à toute invitation mais il ne se fait guère d’illusion. « Sur base de ce qu’on a déjà vu, je sais déjà ce que ça va donner : rien », a ironisé Marcel Cheron. Les Verts estiment aussi que l’urgence du moment ne réside pas dans un tel débat qui risquerait même d’être contre-productif. « Ne mettons pas en avant, comme un étendard, nos divisions », a-t-il averti, au terme d’une intervention applaudie par une partie du groupe socialiste.
Sur les bancs socialistes, le chef de groupe Maurice Bayenet a répété qu’il ne souhaitait pas davantage de compétences. Au MR qui prône une fusion de la Communauté française, de la Commission communautaire française et de la Région wallonne, il oppose un fédéralisme fondé sur trois Régions, et non sur deux Communautés, comme c’est le cas en Flandre.
L’ancien ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) a abondé dans le même sens. « Les Wallons refuseront toujours de voir disparaître leur Région dans un magma francophone », a-t-il affirmé. Il estime cependant, contrairement à son successeur, que le moment est opportun pour mener un débat sur les institutions francophones, en particulier sur le sort à réserver à la Communauté française. Sinon, en 2009, les francophones risquent de le regretter.
M. Bayenet a appelé les chefs de groupe des 4 partis démocratiques à se rencontrer pour voir ensemble dans quel cadre le parlement pourrait travailler sur ces thèmes.
(D’après Belga)
