Léon Casaert justifie ses frais tardivement
LORENT,PASCAL
Mercredi 19 septembre 2007
L’ex-bourgmestre a fourni à la Justice les pièces justificatives des frais qui lui ont été remboursés. Hier.
La justification. Il s’agit de frais de représentation de l’ex-échevin pour une période allant de 2002 à 2004. Léon Casaert est devenu échevin en 2000. Les deux premières années de son mandat, l’ancien syndicaliste dit ne pas avoir rentré de notes de frais, ignorant « que cela était permis » (sic). À partir de 2005, il ne se serait plus fait rembourser. Pourquoi ? Pourquoi avoir attendu 2005 pour déclarer des dépenses courant sur trois ans ? Pourquoi ne pas avoir produit les pièces justificatives à ce moment ?
Hier matin, l’ancien bourgmestre a déposé les justificatifs à la Justice carolo. Jusqu’à présent, il les conservait chez lui. Léon Casaert s’étonne des remous que suscite cette affaire : selon lui, Jean-Jacques Viseur (alors échevin des Finances), Jacques Bouvier (secrétaire communal) et Eric Wartel (secrétaire communal) ont eu connaissance de l’existence de ce virement de 7.000 euros dès le 23 mai 2007, quand l’ancien collège a pris l’engagement de signaler à la Justice tous les dossiers où il y avait suspicion de délit. « Je démens formellement, réagit Jean-Jacques Viseur. En mai, nous avons porté les documents concernant ces comptes à la Justice, qui a demandé au receveur communal de vérifier s’ils contenaient des éléments douteux. Ce qu’il a fait la semaine dernière. C’est alors qu’il a découvert ce montant. »
Le montant. Léon Casaert explique qu’il s’agit d’un chiffre rond parce qu’il n’a pas pris en considération toutes ses dépenses. Le montant paraît élevé. « Vous savez, cela va vite : un resto à quatre avec le café et le digestif, vous montez vite à 250 euros. »
Le compte. Ce compte courant remonte, selon Léon Casaert, au début des années 80, quand le CPAS organisait lui-même les activités pour le 3e âge. Cette compétence a ensuite été confiée à un échevin. Quand il est entré au collège en 2000, Casaert est devenu le signataire de ce compte.
Le contrôle. Les dépenses ont été rentrées auprès du département du 3e âge, sur lequel Léon Casaert avait autorité. C’est donc à ses subalternes et non au receveur communal que l’échevin avait soumis ses notes de frais. Auraient-ils pu contester certaines d’entre elles ? On en doute. Quant à l’opposition, impossible pour elle de jouer son rôle : les dépenses n’apparaissaient pas dans la comptabilité communale, pas plus que le compte qui servait à les rembourser.
