Eyskens parle d’apartheid dans la périphérie
n.c.
Jeudi 20 septembre 2007
102 jours sans gouvernement. Selon l’ancien premier ministre Marc Eyskens, le manque d’intégration des francophones dans la périphérie est assimilé à de l’apartheid par nombre de Flamands. Il souligne par ailleurs que l’explorateur, Herman Van Rompuy, pourrait être amené à former le gouvernement.
Un grand nombre de Flamands reprochent aux francophones de vouloir constituer en périphérie de Bruxelles une communauté homogène, a indiqué jeudi sur La Première (RTBF) l’ancien premier ministre Mark Eyskens qui a évoqué l’apartheid.
« Ce que reprochent pas mal de Flamands aux francophones c’est un manque d’intégration, de vouloir constituer une communauté tout à fait à part, un peu faire de l’apartheid », a indiqué le ministre d’Etat CD&V.
Selon Le Petit Robert, l’apartheid est la « ségrégation des populations de races différentes en Afrique du sud », une politique menée officiellement jusqu’en 1990 par le régime raciste alors en place dans ce pays
Van Rompuy bientôt formateur ?
L’explorateur Herman Van Rompuy pourrait être amené à former le gouvernement, a indiqué Marc Eyskens, toujours sur La Première (RTBF).
Herman Van Rompuy devrait conclure sa mission d’explorateur dans les prochains jours mais il pourrait se voir attribuer un mandat de pré-formateur, a indiqué Mark Eyskens.
« Il doit conclure, j’imagine qu’il va conclure à la fin de cette semaine-ci, au plus tard au début de la semaine prochaine, à moins qu’il se transforme vraiment en pré-formateur du gouvernement s’il parvient à dégager une piste pour BHV, ce qui n’est pas totalement exclu. Là autour on peut articuler tout un programme. Alors, Van Rompuy deviendrait ce que Dehaene a fait pour Martens : celui qui en fait forme le gouvernement », a indiqué Mark Eyskens.
Mark Eyskens est également revenu jeudi sur les « maladresses » accumulées ces derniers mois par Yves Leterme. « Etre premier ministre d’un gouvernement fédéral c’est un emploi, une fonction bien différente que d’être ministre-président d’une Région », a-t-il dit. « Mais il y a une règle d’art en politique belge : la fonction crée la conviction. Une fois qu’on devient premier ministre, on change. Je présume que si Yves Leterme devient premier ministre, il devra devenir le premier ministre de tous les Belges. Mais j’avoue qu’il part avec un handicap ».
Concernant le poste de premier ministre, M. Eyskens est d’avis qu’à ce stade, « tout est concevable ». Ce pourrait même être le francophone Didier Reynders qui est « un homme extrêmement intelligent, bon bilingue, qui a beaucoup d’imagination et qui a une certaine compréhension pour les positions en Flandre ».
Mark Eyskens a cependant qualifié « d’un peu excessive » la mise en garde de Didier Reynders à propos de BHV. M. Reynders a indiqué que les parlementaires flamands se mettaient le couteau sur la gorge en voulant accélérer l’examen de leurs propositions de loi alors que l’explorateur tente de trouver un compromis.
Mark Eyskens a rappelé que la Cour constitutionnelle a indiqué qu’il fallait trouver une solution. Elle n’a pas dit « qu’il faut nécessairement scinder BHV » mais « dans un Etat fédéral, il est assez anormal que des gens qui habitent la région A puissent voter pour des candidats de la région B ; c’est comme si les gens de la région A n’avaient pas confiance dans leurs propres représentants », a-t-il dit.
Selon Mark Eyskens, parmi les pistes possibles, on peut améliorer les facilités mais aussi apporter des garanties supplémentaires pour les Flamands à Bruxelles et leur octroyer au moins un échevin dans les communes de la périphérie. Mark Eyskens n’est pas opposé à ce que la Communauté française gère les écoles francophones de la périphérie. « Je suis un économiste et dès lors qu’on m’annonce que les francophones vont payer pour leur propre enseignement en périphérie, alors qu’aujourd’hui ce sont les Flamands qui payent pour les francophones, je trouve que c’est quelque chose que l’on peut prendre en considération », a-t-il dit.
(d’après Belga)
