Arena : prêts au débat mais sous conditions
n.c.
Jeudi 20 septembre 2007
Tous les groupes politiques du parlement de la Communauté française se sont dits prêts à débattre d’un projet francophone, comme l’a proposé ce jeudi la ministre-présidente Marie Arena. Certaines conditions ont néanmoins été posées, notamment par le CDH, partenaire de majorité du PS.
La chef de groupe CDH, Anne-Marie Corbisier, a formulé 4 conditions.
Ce débat ne doit pas faire apparaître les francophones comme demandeurs dans le cadre des négociations institutionnelles actuelles. Il doit renforcer l’unité francophone et ne peut être l’occasion de diviser les francophones. À ce titre, le CDH demande qu’il ne commence qu’après la Toussaint, « dans un cadre fédéral apaisé ».
Les discussions ne doivent pas être non plus l’équivalent du débat qui a eu lieu au parlement flamand et qui a mené aux résolutions de 1999.
Elles ne peuvent enfin déboucher sur une radicalisation des opinions et mener à une dramatisation de la situation en abordant aujourd’hui la problématique de la « scission du pays ».
Écolo a insisté sur la nécessité d’un accord de tous les partis pour mener un tel débat. « Que ce soit plus qu’une question de leadership qui conditionne les déclarations des uns et des autres », a demandé le chef de groupe, Marcel Cheron.
Les Verts souhaitent aussi que l’on se concentre sur le projet francophone, sur un plan culturel, de bonne gouvernance, d’éducation ou de développement économique, et non sur le volet institutionnel. « Il y a une façon de ne jamais avancer : faire une proposition institutionnelle. On se limitera à parler de ça et puis on passera à autre chose », a averti M. Cheron.
Le MR demande quant à lui un rythme plus soutenu après cette « déclaration aimable ». Il a rappelé qu’il réclamait un tel débat depuis deux ans. Il s’est toutefois interrogé sur la position du PS après les déclarations multiples et contradictoires des socialistes dans cette matière.
« Où se trouve le vrai PS ? Où est la position du PS ? », s’est interrogée la chef de groupe, Françoise Bertieaux.
Le chef de groupe socialiste, Léon Walry, a tenu à rassurer sa collègue réformatrice. Il a répété que le PS était « fort et uni » et salué « l’innovation de la proposition de la ministre-présidente ».
Selon lui, le débat ne porte pas sur la fusion Communauté Région mais « sur la construction et la mise en perspective d’un espace institutionnel efficace Wallonie-Bruxelles ». « Pour nous, il ne faut plus répéter à l’envi ’fusion, fusion’ comme une incantation mystique », a-t-il ajouté. Dans la matinée, la ministre-présidente avait également rejeté une idée de fusion de la Communauté française et de la Région wallonne lorsqu’elle a évoqué la nécessité de ne pas créer des frontières supplémentaires entre les francophones. Une telle initiative laisserait en effet Bruxelles seule.
Dans les rangs socialistes, en marge de la séance, des voix se sont fait entendre pour qu’au sein du parti, on ose discuter de l’avenir des institutions francophones. « Il est temps qu’en interne aussi l’on ait une culture du débat sur cette question », a souligné le député Christophe Collignon, tenant de la ligne régionaliste et d’un fédéralisme fondé sur trois Régions.
(D’après Belga)
