Une réunion des présidents de partis lundi ?
DUBUISSON,MARTINE
Samedi 22 septembre 2007
104 jours sans nouveau gouvernement. L’explorateur Herman Van Rompuy attend des réponses des quatre présidents de parti avant d’aller chez le Roi, lundi. Les francophones, eux, attendent du Nord un engagement fédéral. Ce samedi est peut-être une journée clef.
Cent quatre jours après les élections, les termes sont galvaudés. Mais il est plus d’un négociateur pour assurer que les prochaines heures, les tout prochains jours, seront cruciaux pour l’Orange bleue. Ce samedi devait d’ailleurs être une journée clef. D’une part en raison d’une « importante » réunion interne au CD&V sur le thème du virage, à prendre ou pas, vers moins de prétentions institutionnelles. D’autre part, parce qu’une réunion des quatre présidents de parti avec l’explorateur Herman Van Rompuy sur l’institutionnel était prévue. Vendredi après-midi, elle fut annulée. « Van Rompuy a senti qu’il n’y a pas de consensus ; il n’avait donc pas intérêt à réunir les présidents », analyse un francophone.
Par contre, plusieurs négociateurs se rejoignent pour penser que, lundi, Van Rompuy sera prolongé dans sa mission par le Roi, auquel il fera rapport. Sous le nom d’explorateur, négociateur, « premier éclaireur », d’après le propos amusé de l’un d’eux…
Selon nos informations, cette certitude n’est pas – encore – acquise. Car la journée de vendredi ne fut pas bonne. L’explorateur a évoqué les réformes nécessitant une majorité des deux tiers, avec les présidents francophones (Milquet, Reynders) durant deux heures, puis flamands (Vandeurzen, Somers, De Wever) durant une heure. Sans avancée suffisante.
Résultat ? Les quatre partis sont placés devant leurs responsabilités. Il semble qu’Herman Van Rompuy attende certaines réponses de leur part, lundi, avant d’aller chez le Roi. De ces réponses, données durant une réunion commune prévue – sauf nouveau changement – avec les quatre présidents (sans de Wever), le matin ou le midi, dépendra la prolongation de sa mission ou non…
Si Van Rompuy prolonge, il ouvrira aussi les dossiers socio-économiques et de société. Parce qu’il aura engrangé « quelque chose » sur l’institutionnel et BHV. « Ils vont essayer d’avoir un accord de principe dans les jours qui viennent », reconnaît un négociateur. « Tout le monde se rend compte que si Van Rompuy échoue, on sera dans une situation très grave », ajoute Mark Eyskens (CD&V). « C’est maintenant, dans les tout prochains jours, ou jamais. Et il est tout à fait nécessaire de rassurer francophones et Flamands. »
À cet égard, les partis francophones attendent clairement un engagement flamand à fonctionner dans le cadre fédéral belge. « Il nous faut la certitude que l’on parle de l’État belge pour les décennies à venir », nous confie l’un. « Sinon, les francophones n’ont pas intérêt à entrer dans un gouvernement. » Et d’envisager pour ce faire « une circonscription nationale unique pour l’élection d’une partie des députés ».
Une déclaration en faveur du cadre fédéral ? « Je n’aurais pas de difficultés à le faire, mais je ne crois pas que ce sera ça », répond Karel De Gucht, OpenVLD. Une sorte de verrou constitutionnel (majorité des 3/4) rendant quasi impossible toute réforme future après celle-ci, selon l’idée d’Eyskens ? « Je suis contre », ajoute De Gucht. Une autre source parle d’« un engagement vis-à-vis de certaines thématiques dans un cadre fédéral. » En jetant l’éponge comme formateur, le 17 août, Yves Leterme disait déjà : « Notre fédéralisme contemporain sortira renforcé d’un débat sur la concrétisation d’objectifs communs. ».
