Le Père Samuel veut citer des islamologues
DUBOIS,FREDERIC
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Samedi 22 septembre 2007
Charleroi Poursuivi pour incitation à la haine raciale
C’est désormais une habitude : le Coran dans une main, une biographie de Mahomet dans l’autre, le prêcheur de Montignies-sur-Sambre s’est déplacé avec plus de 150 fidèles. Venus en cars affrétés spécialement à leur attention, ses ouailles ont suivi religieusement le Père Samuel dans les couloirs du palais de justice jusqu’à la salle d’audience où ils se sont entassés. « Tolérance, silence et compréhension », avait réclamé le prêcheur qui fut écouté par ses fidèles.
Me Michel Graindorge, l’un de ses quatre conseils qu’il surnomme ses « chevaliers de l’Apocalypse », a demandé l’audition de six témoins, à savoir des sommités ou des professeurs d’université, tous spécialistes de l’Islam. « La question centrale reste celle-ci : peut-on critiquer l’Islam ?, a questionné l’avocat. Y a-t-il une relation entre le Coran, archaïque à nos yeux, et le comportement radical des islamistes ? Notre vision se doit d’être éclairée par des gens qualifiés. » Et l’avocat de citer six éminences dont un sociologue de l’Université de Toulouse spécialiste de la civilisation arabe, un archevêque de l’église apostolique et un professeur de l’université de Tel-Aviv.
Au ministère public, le substitut Georges-Henry Simonis a estimé ces auditions inutiles, le débat étant selon lui d’ordre purement technique. « Charleroi ne doit pas devenir le point central d’une discussion philosophique, a-t-il déclaré, repris par Me Frédéric Ureel, l’avocat de la partie civile. On veut refaire le procès de Charlie-Hebdo alors que dans ce cas, ce n’est pas une religion qui est visée, mais la civilisation arabo-musulmane. »
Après avoir écarté temporairement la requête de la défense, pour ne pas se retrouver « noyée par un débat philosophique », la présidente a décidé de prendre un temps de réflexion et de rendre un jugement d’avant dire droit le 19 octobre pour statuer sur cette demande.
Le Père Samuel a répété qu’il ne voulait pas d’un procès « self-service », mais bien national, voire international. « L’Islam, c’est le danger du futur », a-t-il conclu une fois de plus, sous les murmures approbateurs de ses fidèles.
