Le Père Samuel veut citer des islamologues

DUBOIS,FREDERIC

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Samedi 22 septembre 2007

Charleroi Poursuivi pour incitation à la haine raciale

Pour ses attaques répétées contre l’Islam, l’exorciste- guérisseur de Montignies-sur- Sambre a comparu vendredi.

Charles-Clément Boniface, alias le Père Samuel, a comparu pour la première fois devant le tribunal correctionnel de Charleroi, vendredi matin, où il devait répondre d’incitation à la haine raciale. En 2002, le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme avait en effet déposé plainte contre le « prédicateur-guérisseur-exorciste » pour ses attaques répétées contre l’Islam dans la presse écrite et télévisée, ainsi que dans ses Versets angéliques. Ainsi, sur l’antenne d’RTL-TVI, il n’avait pas hésité à déclarer que « chaque mosquée est une centrale nucléaire en puissance, pire que les SS 20 ». Des propos parmi d’autres qui avaient convaincu la chambre du conseil de Charleroi puis la chambre des mises en accusation de Mons de renvoyer l’affaire en correctionnelle.

C’est désormais une habitude : le Coran dans une main, une biographie de Mahomet dans l’autre, le prêcheur de Montignies-sur-Sambre s’est déplacé avec plus de 150 fidèles. Venus en cars affrétés spécialement à leur attention, ses ouailles ont suivi religieusement le Père Samuel dans les couloirs du palais de justice jusqu’à la salle d’audience où ils se sont entassés. « Tolérance, silence et compréhension », avait réclamé le prêcheur qui fut écouté par ses fidèles.

Un temps de réflexion

Me Michel Graindorge, l’un de ses quatre conseils qu’il surnomme ses « chevaliers de l’Apocalypse », a demandé l’audition de six témoins, à savoir des sommités ou des professeurs d’université, tous spécialistes de l’Islam. « La question centrale reste celle-ci : peut-on critiquer l’Islam ?, a questionné l’avocat. Y a-t-il une relation entre le Coran, archaïque à nos yeux, et le comportement radical des islamistes ? Notre vision se doit d’être éclairée par des gens qualifiés. » Et l’avocat de citer six éminences dont un sociologue de l’Université de Toulouse spécialiste de la civilisation arabe, un archevêque de l’église apostolique et un professeur de l’université de Tel-Aviv.

Au ministère public, le substitut Georges-Henry Simonis a estimé ces auditions inutiles, le débat étant selon lui d’ordre purement technique. « Charleroi ne doit pas devenir le point central d’une discussion philosophique, a-t-il déclaré, repris par Me Frédéric Ureel, l’avocat de la partie civile. On veut refaire le procès de Charlie-Hebdo alors que dans ce cas, ce n’est pas une religion qui est visée, mais la civilisation arabo-musulmane. »

Après avoir écarté temporairement la requête de la défense, pour ne pas se retrouver « noyée par un débat philosophique », la présidente a décidé de prendre un temps de réflexion et de rendre un jugement d’avant dire droit le 19 octobre pour statuer sur cette demande.

Le Père Samuel a répété qu’il ne voulait pas d’un procès « self-service », mais bien national, voire international. « L’Islam, c’est le danger du futur », a-t-il conclu une fois de plus, sous les murmures approbateurs de ses fidèles.

Pas de résultats.