le cri de liberté birman doit être entendu
MOUTON,OLIVIER
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Mardi 25 septembre 2007
De la « retenue ». C’est le vœu adressé par la communauté internationale à l’adresse de la junte militaire birmane. Et c’est le minimum minimorum…
Depuis une semaine, des images vivifiantes nous parviennent depuis Rangoon. Un vent de liberté souffle en Birmanie, l’un des pays les plus fermés au monde. Il n’est pas sans rappeler ce vote des Européens de l’Est « avec leurs pieds » qui a mené à la chute du mur de Berlin – c’était il y a dix-huit ans déjà. La contestation, emmenée par les moines, rallie chaque jour davantage de Birmans, défiant la peur : la junte, silencieuse jusqu’ici, a adressé lundi une mise en garde.
Au-delà de l’appel à la « retenue », les diplomaties occidentales doivent saisir cette opportunité. Pour rappeler un principe sur lequel elles transigent trop souvent : les droits de l’homme priment la nécessité de faire commerce, lequel finit toujours bien par s’accommoder de tout, même des droits de l’homme. Une affirmation forte dans la zone d’influence du géant chinois à moins d’un an des Jeux olympiques de Pékin. Cet événement majeur peut et doit jouer un effet de levier. Devenir un facteur de démocratisation.
Pourtant, le courage n’a pas été l’apanage de nos dirigeants dans le dossier birman. Des ONG l’ont déjà regretté : aucune initiative n’a été prise au Conseil de sécurité des Nations unies, où la Belgique a pourtant la fierté de siéger. Karel De Gucht, notre chef de la diplomatie, a certes espéré que l’opposition birmane « pourrait maintenant jouer son rôle ». Mais ce rêve ne se réalisera que s’il est soutenu par une politique occidentale courageuse. Qui peut payer : Pékin, soucieux de son image, a d’ores et déjà pris ses distances avec un pouvoir birman « borné ».
Aung San Suu Kyi quittera-t-elle bientôt la maison dans laquelle elle est assignée à résidence pour participer à la refondation de son pays ? Ce n’est plus impossible, si la pression se fait maximale. Les Jeux olympiques de Pékin ouvriront-ils une ère nouvelle ? C’est à espérer, pour autant que l’on saisisse la balle au bond. La chancelière allemande Angela Merkel a sans doute voulu le signifier en recevant dimanche le dalaï-lama, sans se soucier du qu’en-dira-t-on chinois. Une autre belle image.
