Reynders en mission d’agitateur

COPPI,DAVID

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Mardi 25 septembre 2007

Analyse

Ils tournent en rond, ça tape sur le système à la longue. Surtout quand l’un d’eux brise le cercle et la consigne de mutisme. Prenez Didier Reynders. Il avait déjà indisposé à plusieurs reprises ses partenaires en posant publiquement quelques ultimatums, quand les négociateurs-médiateurs-explorateurs travaillaient dans leur coin. Le voilà qui fâche encore tout le monde dans l’Orange bleue, pas plus tard que ce week-end…

Le service de communication du MR a, en effet, contacté discrètement quelques journalistes au Nord, dimanche, pour les convoquer à un point presse informel ce lundi au Mouvement réformateur, à Bruxelles. Ceux du Morgen, Standaard et Het Laatste Nieeuws ont été sollicités. Motif : Didier Reynders s’étant exprimé abondamment la semaine dernière dans les médias francophones (grande interview dans Le Vif), le « Premier ministrable » avait trouvé judicieux de faire le topo avec les mêmes au Nord.

Le problème, c’est que la démarche a « fuité », et l’on nous raconte que, dimanche soir, certains politiques de la famille chrétienne-humaniste ont fait chauffer les téléphones pour s’enquérir et s’inquiéter des intentions du « grand Bleu »… Au CD&V comme au CDH, ils ont perçu ça comme une incongruité, alors que l’explorateur était attendu chez le Roi. Issue : devant le tollé, le MR noie le poisson, convoque lundi matin une conférence de presse en bonne et due forme, à ciel ouvert, pour tous. Un moindre mal. Une péripétie. Mais montrant, s’il le fallait, que le « climat de confiance » dans l’Orange bleue reste une quête. En particulier à l’égard du président du MR. En plus, lui qui milite maintenant pour faire tomber les « tabous », les « symboles » (lire ci-dessus), fait se cabrer les Flamands : Kris Peeters, ministre-président, a fait savoir hier que c’était le genre de choses qui se discutait à la table, pas devant les caméras…

Que cherche Didier Reynders ? Fort de sa victoire électorale le 10 juin, il est celui qui a le plus fort et le plus rapidement plaidé l’Orange bleue. 107 jours plus tard, il n’a pas varié. Et, certes, pour désigner la responsabilité du terrible surplace, les regards se tournent vers le cartel CD&V/N-VA, ses exigences, et le grand écart dans la « famille » ex-chrétienne homogène. Mais les foucades et les impairs de Didier Reynders questionnent : joue-t-il sa propre carte, celle du « seize », coûte que coûte ? Par moments, ça tangue jusqu’au sein du MR. Il suffit de voir ce communiqué tombé du ciel hier après-midi, de la part du parti d’Olivier Maingain, proclamant tout de go que « la création d’une circonscription électorale fédérale n’est pas une contrepartie acceptable à une scission de BHV » !… Qu’est-ce que c’est que ça ? Un observateur traduit : « Ces choses sont sur la table avec Van Rompuy, et le FDF coupe court, il prévient Reynders qu’il ne s’en laissera pas compter. » La « confiance », toujours la « confiance »…

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