Le comité d’armes pourrait être reporté
n.c.
Mercredi 26 septembre 2007
L’armée pourrait reporter le comité d’avancement interne prévu vendredi pour recommander la nomination d’officiers au grade supérieur en raison de la tempête médiatique qui entoure la tenue de cette instance en période d’« affaires courantes ».
« À la suite de la publication d’une note confidentielle interne (par le journal ’De Standaard’, NDLR), j’ai proposé de reporter le comité d’armes » à une date ultérieure, a affirmé le chef de la Défense (CHOD), le général August Van Daele, à l’agence BELGA depuis Mombasa, au Kenya, où il est en visite à l’occasion d’une escale de la frégate belge « Léopold 1er ».
Il a ajouté qu’il prendrait contact avec le ministre de la Défense, André Flahaut, dès son retour en Belgique, prévu jeudi soir.
M. Flahaut (PS) a pour sa part confirmé qu’il se concerterait avec le général Van Daele pour comparer deux avis juridiques – l’un interne et cité par ’De Standaard’ et l’autre externe demandé au cabinet d’avocats de Marc Uyttendaele – demandés sur la tenue d’un comité d’armes (une instance chargée de faire des recommandations en vue des promotions d’officiers) en affaires courantes.
M. Flahaut a évoqué la possibilité de scinder les comités d’armes pour officiers supérieurs (jusqu’au grade de colonel) et celui pour les généraux, qui apparaît comme plus délicat politiquement.
Le ministère de la Défense souhaitait au départ organiser ces comités d’armes, chargés de recommander au roi – en fait au ministre de la Défense – des promotions d’officiers supérieurs, le 28 septembre comme si de rien n’était, au nom de la continuité au sein des Forces armées, même en affaires courantes. Mais le Premier ministre Guy Verhofstadt (Open VLD) a « explicitement » demandé qu’il n’en soit rien, selon son porte-parole, cité par ’De Standaard’.
La presse flamande a accusé M. Flahaut de vouloir, avant son départ après plus de 3.000 jours passés à la tête du département, encore promouvoir des « fidèles » au grade de général.
Le ministre de la Défense s’est étonné mercredi de l’« émoi » provoqué par le projet de tenir ce comité d’armes, affirmant que sa principale préoccupation était de ne pas pénaliser des officiers qui ont droit à une promotion, alors que la crise politique se poursuit.
« Il faut préparer le travail pour le (ministre) suivant », a-t-il dit, tout en soulignant que ni M. Verhofstadt ni lui ne souhaitaient « commettre » des choses incompatibles avec la notion d’affaires courantes.
« On a encore un peu de temps », a-t-il ajouté, en rappelant que les comités d’armes se tenaient traditionnellement fin septembre ou début octobre.
« Ce n’est ni Guy Verhofstadt ni moi qui nommeront ces généraux », a encore fait valoir M. Flahaut, assurant qu’il s’agirait d’une décision à avaliser par son successeur à la tête de la Défense.
Il a ainsi réaffirmé qu’il serait à l’étranger vendredi – la date initiale de la tenue des comités d’armes –, en raison de sa participation durant deux jours à une réunion des ministres européens de la Défense sous présidence portugaise à Evora (centre du Portugal).
Jusqu’à présent, l’armée considérait la tenue des comités d’armes comme une « affaire interne au département », nécessaire à la continuité de son fonctionnement, estimant qu’elle devait accorder des chances de promotion à ses officiers (candidats majors, lieutenants-colonels et colonels) en dépit de la situation politique.
Un candidat qui se verrait refuser une promotion en raison de la non-tenue d’un comité d’armes pourrait se tourner vers le Conseil d’État, où il obtiendrait gain de cause à coup sûr, avait expliqué M.Flahaut.
(D’après Belga)
