Le Roi se repose à temps partiel
DUBUISSON,MARTINE
Jeudi 27 septembre 2007
109 jours sans gouvernement. Albert II a besoin d’une vraie convalescence, selon ses médecins. Son agenda est recentré sur le gouvernement.
D’emblée plusieurs questions se posent. Certaines, n’en doutons pas, feront l’objet de rumeurs en tous sens…
Un. Le Roi est-il malade, plus que le Palais ne le laisse entendre ? C’est un démenti formel : « Le Roi n’est pas malade et se remet bien de son opération, assure le porte-parole du Palais, Pierre-Emmanuel De Bauw. Il n’y a donc pas de problème orthopédique ou de maladie. Mais un état général qui nécessite une période de repos. Car le Roi n’a pas eu la période de convalescence nécessaire et les médecins lui recommandent une vraie convalescence. La période de repos médicalement prescrite après ce genre d’opération est de trois mois. Or, 48 heures après son opération, le Roi était au travail, à l’hôpital. »
Ces dernières semaines, la rumeur faisait état d’inquiétudes quant à la santé du Roi, qui se remettrait difficilement de sa fracture du col du fémur et de l’opération qui s’en est suivie. Plusieurs hommes politiques l’ayant rencontré récemment rapportent son état de fatigue. Mais insiste aussi sur sa bonne humeur.
D’ordinaire, le Palais ne publie pas de communiqué sur la santé du Roi. Mais, face aux modifications de l’agenda, il voulait « éviter les malentendus vis-à-vis d’organisateurs d’activités ou du public ».
Deux. Le Roi a-t-il voulu apporter sa propre dramatisation dans la formation d’un gouvernement, mettant un peu plus la pression sur les négociateurs de l’Orange bleue pour qu’ils aboutissent rapidement ? « Cela n’a rien à voir ! C’est délié de toute question politique », affirme le porte-parole du Palais. Il ne s’agirait donc pas, en sortant précisément ce communiqué mercredi, jour qualifié d’important pour l’Orange bleue, de presser les partis à s’entendre.
Entre les lignes, le communiqué permet, cependant, de répondre aux critiques de certains sur les vacances royales au moment où une coalition peine à se mettre en place – on se souvient qu’Albert II était revenu précipitamment de Grasse, en France, le 17 août, pour recevoir le formateur Yves Leterme et suspendre les négociations.
Le message est donc clair : à 73 ans, le Roi a vraiment besoin de repos ; il doit surveiller son état général. D’autant, ajoute le porte-parole du Palais, que « la situation politique a mené le Roi à une activité intense, et a rendu sa convalescence plus difficile. »
Pour le ménager, « son programme sera donc limité, et concentré sur la formation du gouvernement. »
Trois. En raison de son état de santé, le Roi songe-t-il à céder le relais à son fils Philippe ? « Non, répond fermement Pierre-Emmanuel De Bauw. Assumer son rôle dans la situation actuelle de formation du gouvernement reste sa priorité. L’accent est mis sur le fait qu’il va se concentrer sur son travail, puis récupérer, pour pouvoir ensuite se remettre au travail. On ne parle pas de mois d’inactivité, mais de semaines. »
Pendant cette inactivité, en octobre, « le prince Philippe reprendra toutes les activités publiques du Roi – sauf une, pour des raisons d’agenda, assurée par la princesse Astrid –, à l’exception des audiences politiques, de la visite d’Etat en Irlande (du 8 au 10 octobre) et de la remise de lettres de créances des ambassadeurs. »
Certains, cependant, se demandent si l’on n’est pas en train de préparer les esprits à un retrait, temporaire ou pas, sous quelque forme que ce soit, du Roi.
Mais officiellement, tout est sous contrôle…
