« Mieux vaut la pilule qu’un bébé non désiré »

SOUMOIS,FREDERIC

Vendredi 28 septembre 2007

Annibale Moscariello est généraliste à Anderlues.

La pilule à des jeunes filles de 10 à 14 ans. Etonnant ?

Pas du tout, cela correspond à la réalité de terrain. Dix ans, cela me paraît très précoce, mais il n’est pas rare de la prescrire à 14 ans. C’est sans aucun doute préférable à une grossesse non désirée. Cela se fait évidemment toujours après une discussion où le médecin essaie de conscientiser la jeune à la manière d’assumer sa vie sexuelle. Récemment, j’ai dû le faire à la demande d’une mère qui ne pouvait retenir sa fille, qui multipliait les partenaires. J’ai aussi des patientes qui, à 24 ans, ont trois enfants de pères différents. Ce n’est généralement pas une fécondité choisie et c’est un début difficile dans la vie.

Le vaccin contre le cancer du col, est-ce une bonne mesure ?

Excellente. 147 euros par injection, à faire trois fois, vous imaginez le coût dans une famille où il y a trois jeunes filles. Sans cette mesure, il était peu probable qu’elles soient protégées. Sinon, on est dans une médecine à deux vitesses. Or, les conséquences peuvent être terribles. Outre le décès, il peut y avoir la mutilation, qui provoque des grossesses à haut risque. L’hystérectomie (ablation de l’utérus) provoque aussi des dérèglements hormonaux. Sans compter l’abandon de tout projet de grossesse. La vaccination systématique des jeunes me paraît donc être une bonne méthode.

Les conditions socio-économiques influencent-elles l’attitude face à la contraception ?

Bien sûr, mais cela n’est pas si simple. Il y a un problème de tabous, de parole. Le généraliste peut être celui avec qui on ose parler, celui qui accueille. Même si le jeune ne sait pas payer sa consultation.

Pas de résultats.