Léopold Storm dealait du cannabis

DELEPIERRE,FREDERIC

Vendredi 28 septembre 2007

Léopold Storme, le meurtrier présumé de ses parents et de sa soeur dans les Marolles, à Bruxelles, a été réentendu par les enquêteurs et confronté à certains éléments matériels du dossier.

Pas contents du tout, ce vendredi matin, le procureur du Roi de Bruxelles, Bruno Bulthé, et la juge d’instruction Berta Bernardo-Mendez. Dans leurs éditions du matin, les journaux du groupe Sud Presse annonçaient en effet que jeudi soir Léopold Storme avait été extrait de sa cellule de la prison de Forest afin d’être confronté à des éléments précis de l’enquête. Certains des amis du jeune homme de 19 ans inculpé de l’assassinat, le 16 juin, de ses parents et de sa sœur ont aussi été convoqués jeudi par les enquêteurs. Ils ont été interrogés et ont donné un échantillon de leur ADN.

« La diffusion de ces informations dans la presse est préjudiciable à l’enquête, tant à charge qu’à décharge, a estimé le parquet de Bruxelles via son porte-parole Jean-Marc Meilleur. D’autant que certains éléments n’ont pas encore été présentés à Léopold Storme. »

Néanmoins, s’il conteste la forme, le parquet de Bruxelles ne peut nier le fond. « Léopold a été entendu jeudi soir et confronté à certains éléments matériels du dossier », commente laconiquement Jean-Marc Meilleur. « Cela se fait dans le cadre d’une enquête de personnalité très poussée qui est loin d’être aboutie. Tout comme l’interpellation de cinq proches de l’inculpé qui ont été interrogés sur leurs relations avec Léopold. » Leur ADN a aussi été comparé à un échantillon retrouvé sur les lieux du crime, dans les Marolles, mais aucun d’entre eux ne correspond à l’ADN inconnu. Les cinq jeunes n’ont donc pas été inquiétés.

Tentative d’incendie criminel

Quant aux éléments de personnalité du parricide et assassin présumé, ils ne sont pas banals. Les enquêteurs ont replongé dans son passé. Il s’avère qu’en mai 2003, il a été soupçonné d’avoir pris part à une tentative d’incendie de l’athénée Robert Catteau où il était étudiant. Une nuit, la sortie de secours avait été forcée. Plusieurs personnes s’étaient introduites dans le bâtiment à l’insu du concierge, et s’étaient rendues dans le labo de chimie où ils avaient répandu des substances inflammables avant d’ouvrir les becs Bunsen. Dans la cuisine, aussi, le gaz avait été ouvert.

Les faits avaient été découverts le lendemain par le concierge. Une puissante odeur de gaz planait.

Selon les pompiers, l’explosion aurait pu être très violente et aurait pu tuer le concierge. Une enquête avait été ouverte, et si les auteurs avaient été identifiés, ils seraient passés aux assises… Sur les lieux, des empreintes furent relevées. Parmi elles, sur un objet considéré comme important dans les faits, celles de Léopold. « Je m’en souviens », confirme Vincent Storme, le parrain de Léopold. « Mais mon filleul n’a jamais été inquiété ni suspecté. »

Autre élément du profil de triple meurtrier présumé des Marolles, ses problèmes avec la drogue. Non seulement il en consommait mais les enquêteurs ont désormais la preuve qu’il dealait aussi du cannabis. À des proches ainsi qu’aux abords de Solvay, où il étudiait. « Pour brouiller les pistes, il disposait de quatre GSM et de huit cartes SIM différentes », nous dit-on. Il en était même arrivé à voler un GSM pour que l’on ne puisse pas remonter jusqu’à lui. « Tout le monde sait comment font les jeunes », réagit Vincent Storme. « Lorsqu’ils savent qu’un de leurs amis va aux Pays-Bas acheter de l’herbe, ils lui passent commande… C’est tout le problème de la loi belge qui permet la possession mais pas la consommation de drogue. »

Certes, mais Léopold correspond-il toujours, finalement, à l’image du garçon calme et posé que défendent amis et famille ? Ou joue-t-il avec deux personnalités distinctes… lui permettant de changer de version à chaque fois que les enquêteurs lui présentent de nouveaux éléments accablants ?

Pas de résultats.