L’ambassadeur quitte ses fonctions à Paris

VANESSE,MARC

Samedi 29 septembre 2007

Un nouvel élément, paru ce samedi dans le « Standaard », nous a été confirmé par le ministère des Affaires étrangères. Pierre-Dominique Schmidt, l’ambassadeur de Belgique à Paris, a demandé au ministre De Gucht d’être déchargé de ses fonctions pour raison de santé. Mais il continue à nier avoir commis le faux en écriture dont il est soupçonné.

Le diplomate occupera désormais, au sein de l’administration centrale des Affaires étrangères à Bruxelles, le poste d’adjoint du directeur général de la direction générale de Coordination et Affaires européennes.

Pour rappel, Pierre-Dominique Schmidt est soupçonné d’avoir commis un faux en écriture (en imitant la signature de Jan Grauls, l’administrateur général des Affaires étrangères) destiné à servir de garantie dans le cadre d’une opération de crédit privé (75.000 euros) avec la banque Fortis. Ayant découvert l’existence de ce faux le 17 août dernier, lors d’une entrevue orageuse avec Jan Grauls et le ministre De Gucht, le diplomate a toujours nié avec force avoir commis ce « faux grossier », transmis par fax au siège parisien de Fortis, le 4 juillet dernier.

Après avoir été suspendu de ses fonctions par le ministre De Gucht, le 29 août dernier - une mesure rarissime dans le milieu feutré de la diplomatie -, Pierre-Dominique Schmidt avait aussitôt porté plainte contre X devant le tribunal de Nanterre dans le but de trouver l’auteur du faux qui l’accable. Parallèlement, il avait introduit un recours devant le Conseil d’Etat qui avait statué en extrême urgence et conclu, le 12 septembre, à la suspension de la… suspension de l’ambassadeur. En clair, l’intéressé avait été pleinement restauré dans ses fonctions, le temps pour lui de mieux organiser sa défense devant ses supérieurs, lesquels, selon la juridiction administrative, avaient pris une décision un peu précipitée.

Lundi dernier, le diplomate a donc pu être reçu par le ministre De Gucht aux côtés de son avocat, Me Jean Bourtembourg, spécialiste du droit administratif. Il a de nouveau clamé son innocence. Et dans la foulée, il a fait savoir au ministre son souhait de ne pas rempiler à Paris, un poste qu’il aurait normalement dû quitter en janvier prochain. Du coup, le ministre De Gucht a pris un arrêté royal annulant l’arrêté suspendant le diplomate et le rappelant d’autorité à Bruxelles. Il restera à la justice belge, saisie par les Affaires étrangères, et française, saisie par Schmidt, à faire toute la clarté sur le fond du dossier et l’origine exacte du faux litigieux.

Souffrant d’un mal qui nécessite des traitements réguliers, Pierre-Dominique Schmidt est actuellement en congé de maladie jusqu’à la fin de cette année.

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