Namurois, centre du monde

MORIAME,BENJAMIN

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Lundi 1er octobre 2007

Namur Festival international du film francophone

à l’Acinapolis, la séance d’ouverture a dû être reportée. Mais le duo Poelvoorde-Mariage était bien au rendez-vous.

Malheureusement, vous ne verrez pas le film », annonce la directrice de la programmation Nicole Gillet, vendredi à 20h45, après que le public eut rencontré l’équipe de « Cow-boy », visionné un court-métrage et attendu encore trois quarts d’heure. Les 300 personnes présentes dans cette salle du cinéma Acinapolis n’ont pas mal réagi. Pas de huées, juste deux ou trois plaintes isolées.

Comme si l’affection des Namurois pour le Fiff se traduisait par une grande indulgence.

Tout de même, le jour où ce sont des locaux (Mariage et Poelvoorde…) qui font l’ouverture d’une semaine internationale…

« Nous avons rencontré un problème technique avec le système numérique. Pourtant, hier, tout fonctionnait bien, a ajouté Nicole Gillet, religieusement écoutée. Nous vous proposons un autre film :“ L’heure zéro”. Pour ceux qui peuvent revenir, nous projetterons “Cow-boy” à 22 h 30. »

« C’est quoi “L’heure zéro” ?, soupire Valérie Timmermans. Non, nous ne sommes pas fâchés, mais fort déçus. »

Le public avait été soigneusement mis en haleine. « Vous allez vivre une semaine épatante, vous qui formez un véritable public, qui a payé sa place ! », avait dit le présentateur, faisant allusion aux salles du centre-ville, le Caméo et l’Eldorado, remplies d’invités. « Ce sera la première fois que notre film sera vu par un public “lambda”, avait expliqué Benoît Poelvoorde. Nous sommes fébriles parce que nous sommes chez nous. Si vous n’aimez pas, vous pourrez nous dire “merde” quand nous nous croiserons en rue. Mais il faut que nous laissions notre enfant partir à l’école. »

« Ce film est un road-movie, sur un chemin inconnu, sur la route la plus importante que l’on ait à parcourir dans la vie, celle qui nous sépare de nous-mêmes, avait décrit le réalisateur Benoît Mariage. J’espère que vous l’aimerez autant que nous. »

« Je vous souhaite de passerune heure et demie aussi belle que nos semaines de tournage », avait ajouté un François L’embrouille visiblement ému.

« Vous êtes gâtés, car vous êtes les premiers à le voir », avait renchéri Jean-Louis Close (PS), président du festival.

« J’ai croisé récemment Benoît Mariage à la médiathèque, s’était réjoui Bertrand Dumont, jeune étudiant en réalisation

« Un moment, j’ai pensé ne plus jamais venir au Fifff, confie une habituée. Mais je serai là, à 22 h 30 ! »

Sandrine Bonnaire, sans fard

Je l’apprécie parce qu’elle est simple et naturelle », explique Françoise Simon, une « fan » de Sandrine Bonnaire, qui espère un autographe contre une boîte de chocolats, au terme de la rencontre publique de dimanche, sous le chapiteau attentif et presque plein du FIFF. L’actrice – et désormais réalisatrice – a reçu un chaleureux accueil. Sous des applaudissements nourris et les flashs des photographes, elle s’est assise face aux Namurois pour parler d’un sujet grave, qui la touche au plus profond du cœur. Ce sujet, c’est celui de son documentaire, “Elle s’appelle Sabine”, qui « parle de la non-prise en charge des personnes autistes ». Sabine, c’est Sabine Bonnaire, la sœur de Sandrine.

« Votre sœur dit : “Si j’ai un bébé, je ne le taperai pas”, évoque une participante. Elle est donc consciente de ses actes. Qu’en dit-elle ? » Le public a osé des questions franches et Sandrine Bonnaire s’est livrée à lui.

« Vous savez, en Communauté française de Belgique, ce n’est pas mieux. Je le sais parce que mon fils à des comportements autistiques », a confié un homme. « Mon combat est politique », a confirmé la réalisatrice.

« C’est un sujet intéressant, important et son documentaire est touchant, insiste Marie-Christine Disilvio, qui a en poche des chocolats pour la star. Je l’avais déjà beaucoup appréciée en 2005, quand elle était coup de cœur du festival. »

« Elle est encore plus agréable qu’en 2005 », estime Sabrina Defrenne, avec sous le bras son livre d’or, plein des signatures de Bernard Campan, Benoît Poelvoorde, François L’embrouille…

PRATIQUE

PRATIQUE

Films. Deux chouchous du public namurois, Cécile de France et Bouli Lanners, seront sur les écrans, avec Où est la main de l’homme sans tête ?, de Guillaume et Stéphane Malandrin (au Caméo, à 21 heures). Manuel Poirier, président du jury longs métrages, présentera un nouvel opus, La maison (au Caméo, à 18 h 30).

Invités. Sergi Lopez pour Harry, un ami qui vous veut du bien, restera deux jours au festival pour La Maison. Seront également présents, les producteurs et réalisateurs (belges) de Où est la main de l’homme sans tête ?

Rencontres. Après avoir présenté son film Les noces barbares, Marion Hänsel, invite le public à une réflexion sur l’adaptation d’une oeuvre littéraire à l’écran (à la Maison de la culture, à 17 h 45). D’autres réalisateurs réfléchiront pour leur part au « spectateur fantasmé » puis, à 17 h 30 sous le chapiteau, proposeront au public de se joindre au débat sur ce thème Y a-t-il un spectateur réel ?

Pas de résultats.