Leterme et la note de six points
COPPI,DAVID
Lundi 1er octobre 2007
113 jours sans gouvernement. Une note de Van Rompuy en six chapitres est sur la table du formateur. Cacophonie dans l’Orange bleue.
Enfin, trois : les négociateurs autour d’Yves Leterme repartent-ils d’une note de l’explorateur qui « encadre » les travaux, contraignante en somme, ou seulement de « non papers », de simples commentaires sans valeur ?…
En conférence de presse lundi, après le bureau de son parti, Didier Reynders, président du MR, estimant qu’il y avait des « convergences » entre partenaires, a précisé toutefois qu’il y avait « accord pour reprendre les négociations, mais sur rien d’autre »… En l’occurrence, il n’a, dit-il, reçu aucun document de la part de l’explorateur, et il n’y a pas de note signée par les partenaires…
Or, cette non-note… existe bel et bien – vous suivez toujours. C’est celle-là qui a été soumise au Roi par l’explorateur samedi dernier. « On » nous l’a décrite. Elle tient en cinq pages. Et six chapitres, thématiques. Dont nous avons pu prendre connaissance. On y évoque, dans l’ordre…
1. Les réformes institutionnelles à la majorité simple ; 2. Bruxelles-Hal-Vilvorde (une page blanche selon notre source) ; 3. La réforme des assemblées parlementaires, Chambre et Sénat, ainsi que la problématique de la date des élections (régionales et fédérales en même temps en 2009 ?) ; 4. Les accords de coopération entre les entités fédérées ; 5. L’harmonisation des législations fédérales, communautaires et régionales ; 6. La mise sur pied d’un Groupe des commissaires royaux (comité des sages) appelé à discuter des réformes institutionnelles nécessitant une majorité parlementaire des deux tiers.
Sous le chassé-croisé des commentaires et des communiqués des partis (les Flamands, Bart de Wever, président de la N-VA, en tête, soulignant que l’on n’évitera pas une réforme de l’État ; les francophones que l’on discutera surtout du reste, et du socio-économique en premier…), Yves Leterme a des contacts bilatéraux pour affiner sa méthode de travail, et, nous le disions, compte rassembler les troupes au parlement dans quelques jours.
Dans l’opposition, Elio Di Rupo revient à la charge. Il a lancé hier un double message au nom du PS.
Le premier : il est temps que les négociateurs de l’Orange bleue « disent si oui ou non ils peuvent s’entendre », et cela « dans un délai court », car « l’inquiétude des citoyens grandit ».
Or, dit-il, « je crains qu’après la StarAc à Val Duchesse, on ne nous joue maintenant “La ferme”, soit un changement de style, et le temps passe… »
Second message : si le PS n’est « pas demandeur » d’une participation gouvernementale, s’il n’a « pas peur » de l’opposition, son président a rappelé qu’avec vingt députés son parti est « sur le podium », parmi les trois premiers au Parlement (derrière le cartel CD&V/N-VA : 30 sièges, et le MR : 23 sièges), et qu’en termes de coalitions, explique-t-il, « pour m’en tenir aux chiffres objectivement, trois formules de base disposent de la majorité au Parlement, soit la tripartie, l’Olivier et l’Orange bleue ».
