Travail au noir dans l’Îlot sacré

n.c.

Mardi 2 octobre 2007

Le travail au noir est légion dans les restaurants de l’Îlot sacré à Bruxelles, situé dans le cœur historique de la capitale, si l’on s’en tient au bilan établi par l’Inspection Régionale de l’Emploi.

Sur les 44 restaurants visités au cours des mois de juillet et d’août dernier, près de deux tiers étaient en infraction.

Les 44 visites ont eu lieu à raison de deux par jour et au même moment, histoire d’éviter le risque pour les inspecteurs d’être repérés.

En tout, 28 dossiers ont été ouverts, les 16 visites restantes n’ayant rien révélé d’irrégulier en matière de main-d’œuvre.

Ils ont trait, dans 9 cas, à l’occupation de travailleurs qui n’étaient ni en ordre de séjour, ni de permis de travail.

Trois P.V. ont été dressés pour des travailleurs qui n’étaient pas en ordre de permis de travail. Quatorze rapports ont été adressés à l’auditorat du travail pour des infractions pour lesquelles l’inspection régionale n’est pas compétente (absence de déclaration ONSS, mise au travail de chômeurs ou d’allocataires sociaux…).

Les infractions constatées ou soupçonnées en matière d’occupation de travailleurs étrangers concernent 15 travailleurs de 10 nationalités différentes. Les employeurs risquent un minimum de 15.000 euros d’amende par travailleur clandestin.

À la même période, l’Inspection Régionale de l’Emploi a contrôlé préventivement 44 établissements du secteur horeca situés en dehors de l’Îlot sacré. Ces contrôles ont révélé une majorité de situations régulières (36).

Parmi les 8 autres, quatre ont débouché sur la rédaction de procès-verbaux pour l’occupation de 11 travailleurs n’étant ni en ordre de séjour, ni de permis de travail. Un autre a porté sur une absence de permis de travail.

Le ministre bruxellois de l’Emploi Benoît Cerexhe s’est dit conforté dans sa volonté de faire de la lutte contre le travail au noir « scandaleux sur le plan humain », une priorité.

Selon lui, le travail au noir constitue une menace pour l’emploi en Région bruxelloise, en particulier dans l’horeca dont trois quarts des postes de travail sont occupés par des habitants de la capitale.

Il crée aussi des distorsions de concurrence entre les entreprises qui respectent les règles du jeu et en supportent les coûts, et celles qui épargnent sur les coûts en sortant du cadre légal.

Toujours d’après le ministre, la lutte contre le travail en noir s’est intensifiée à Bruxelles au cours des dernières années.

Le personnel de l’inspection régionale (28 personnes) a doublé depuis 2004. Il a permis de faire passer le nombre de contrôles de 767 en 2005 à 1775 en 2006.

Après s’être attardée aux secteurs de la construction et de l’horeca, l’inspection pourrait s’intéresser de plus près à celui de la confection.

« Mais les restaurateurs de l’Îlot Sacré et des lieux touristiques peuvent être prévenus : des contrôles, il y en aura encore », a averti le ministre Cerexhe.

(d’après Belga)

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