Leterme se plie en quatre
COPPI,DAVID
Mardi 2 octobre 2007
114 jours sans gouvernement. Limiter la réforme de l’Etat ? Le formateur convoque des partenaires divisés. Au CDH, l’on prétend qu’il y a un accord à ce sujet. Le Nord dément, le MR aussi.
Aussitôt dit, la présidente du CDH est démentie sur tous les fronts. Le flamand, naturellement, où l’on explique que la communication de Joëlle Milquet a un but : conforter son image de résistante francophone, celle qui aura ramené les Flamands à la raison, alors que la discussion entre partenaires de l’Orange bleue reste grande ouverte, sur l’institutionnel itou.
Eric Van Rompuy, parlementaire flamand, frère de l’explorateur, Herman, a répliqué hier à sa façon, peu amène, concentrant le tir sur « le » dossier en suspens : BHV. L’arrondissement électoral, dit-il dans Gazet van Antwerpen et Het belang van Limburg, doit être scindé sans délai, et sans contreparties, telles que l’extension de Bruxelles, la ratification de la convention cadre sur les minorités, ou l’octroi de nouvelles facilités aux francophones de la périphérie. Toutes choses inacceptables.
Comme si cela ne suffisait pas, « Madame non » est démentie dans le camp libéral francophone, au MR, où l’on précise que la note dont elle fait grand cas a bien circulé parmi les négociateurs, mais qu’elle est la sienne avant tout, la dixième version émanant du CDH depuis une semaine, sans autre statut, et que si les conditions sont réunies pour reprendre les négociations derrière un formateur, ce dont chacun peut se réjouir, il n’y a rien de plus à ce jour… Même le scénario extrême circule : samedi, les chefs de délégation de l’Orange bleue, convaincus que leur coalition reste la seule souhaitable, auraient surtout pris acte de leurs désaccords, mais aussi de la volonté d’Yves Leterme de voir s’effacer son compère Herman Van Rompuy et d’évoluer, lui, enfin, au premier plan.
Chez les centristes-humanistes, l’analyse est toute autre : les partis flamands ne veulent pas admettre qu’ils ont accepté de s’inscrire dans un cadre de travail limité pour ce qui concerne la réforme de l’Etat ; quant au MR, l’idée que Joëlle Milquet soit perçue comme la cheville ouvrière des négociations les insupporte…
Au milieu, Yves Leterme continue de se glisser doucement dans son nouveau rôle de « formateur », comme si rien n’était : il a reçu mardi matin les présidents de l’Orange bleue pour s’entendre sur une méthode de travail », et se lance dans une série d’entretiens bilatéraux afin de préparer la négociation en tant que telle, qui débutera dans quelques jours, au parlement fédéral.
Deux échéances rapprochées sont cerclées de rouge dans son calendrier : la discussion sur les propositions de lois flamandes sur la scission de BHV reprend aujourd’hui en commission de l’Intérieur de la Chambre ; et dans une semaine, mardi 9 octobre, ce sera le jour de la rentrée parlementaire à la Chambre et au Sénat, toujours sous le régime de Verhofstadt II…
