Un Brabant wallon bilingue ?
PIERRE,PHILIPPE; MEUWISSEN,ERIC; VANHAM,VINCENT
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Mercredi 3 octobre 2007
Région Une idée de la secrétaire d’Etat bruxelloise CD&V Grouwels
Objet : les sonder sur l’extension à leur commune du statut bilingue de Bruxelles (Le Soir de mardi). Voici les réactions de six d’entre eux.
Vincent Scourneau (MR), bourgmestre de Braine-l’Alleud. « C’est de la provocation. Ce n’est pas le moment de poser cette question alors que des négociations délicates sont en cours au niveau fédéral. C’est jeter de l’huile sur le feu. Sur le fond, je ne suis pas opposé au principe, mais j’estime que c’est un sujet qui doit être tranché directement par la population, via une consultation populaire. Cela dit, tomber sous une tutelle bruxelloise, ce serait changer la philosophie du caractère rural de Braine-l’Alleud. »
Charles Michel (MR), bourgmestre de Wavre. « D’une part, la méthode utilisée semble curieuse. En effet, cette proposition formulée sur du papier à en-tête du gouvernement bruxellois est-elle validée par le formateur, par ailleurs leader du parti de Madame Grouwels. D’autre part, sur le fond, je ne dis pas non. Je suis ouvert. Je suis tout à fait d’accord de renforcer les droits des citoyens flamands en Brabant wallon. Je me réjouis que cette proposition conforte l’idée selon laquelle le renforcement des droits des francophones en Brabant flamand est bel et bien une légitime revendication. Cela dit, un statut formellement bilingue, c’est peut-être un pas qui va plus loin que le nécessaire. Faisons une consultation populaire. »
Serge Kubla (MR), bourgmestre de Waterloo. « Le piège est un peu grossier, minable même. Elle espère sans doute que les 27 bourgmestres vont dire non et elle pourra en titrer la conclusion : vous voyez, c’est les Wallons qui ne veulent pas. Qu’elle me dise d’abord que Messieurs Tobback à Louvain et Dehaene à Vilvorde cautionnent cette idée d’une grande région et sa démarche sera plus sérieuse. Et puis on aimerait savoir si la Flandre est prête à se priver du Brabant flamand et de Bruxelles pour faire demain un grand Brabant qui sera une des régions les plus fortes d’Europe ? »
Raymond Langendries (CDH), bourgmestre de Tubize. « Dans le contexte politique actuel, je perçois ce courrier comme une manœuvre tacticienne plutôt qu’une façon d’aborder un problème de fond. Il n’y a jamais eu de problème de bilinguisme dans nos communes, pourquoi en créer ? Je poserai la question lors de la prochaine séance du collège communal mais j’estime que ce sujet n’est pas à l’ordre du jour. Je ne suis même pas sûr que ce courrier mérite une réponse car le moment choisi me semble suspect. En outre, est-ce l’interrogation de Brigitte Grouwels seule ou du gouvernement bruxellois dans son ensemble ? »
Dimitri Legasse (PS), bourgmestre de Rebecq. « Le bilinguisme est quelque chose de positif mais me semble par contre excessif dans des communes comme les nôtres. À Rebecq, la communauté néerlandophone ne doit pas dépasser trois ou quatre pour cent. Opter pour le bilinguisme entraînerait une procédure administrative très coûteuse pour un nombre limité de personnes. Chez nous par exemple, la communauté italienne est plus importante. J’estime que Brigitte Grouwels utilise un écran de fumée ; le problème est ailleurs. Dans le cadre d’un élargissement de Bruxelles aux communes à facilités où le pourcentage de francophones est important, ce serait légitime, mais Rebecq n’est pas une commune à facilités. Cette proposition est donc selon moi dénuée de fondement. »
Jean-Luc Roland (Écolo), bourgmestre d’Ottignies-LLN. « La question d’un statut bilingue prend tout son sens dans les communes où les deux communautés sont représentées. À ce jour, à Ottignies, aucune demande ne m’est parvenue de la part de citoyens néerlandophones pour obtenir ce statut. Il est évident que si l’on devait aboutir à une extension de Bruxelles, le statut bilingue devrait être étendu aux communes concernées. Si c’était le cas pour Ottignies, je n’y verrais donc aucun problème sur le principe. Je redoute par contre les implications en termes de coûts et de charges nouvelles. Je crois également deviner dans ce courrier un coup de sonde pour ensuite pouvoir dire que les francophones refusent toute avancée alors qu’ils en réclament aux néerlandophones. Personnellement, je présenterai la proposition de Brigitte Grouwels à mon collège jeudi. »
