Le recrutement de Deutsche Bank à la loupe
n.c.
Mercredi 3 octobre 2007
Le ministre flamand de l’Emploi, Frank Vandenbroucke, a demandé l’ouverture d’une enquête suite à un article paru ce mercredi dans De Morgen qui mentionne qu’une société externe a retenu des critères racistes pour recruter des travailleurs intérimaires pour le compte de la Deutsche Bank.
Je suis tout à fait indigné », a réagi le ministre. « Si cette information est vérifiée, l’Inspection devra prendre des mesures. Il est inacceptable qu’une entreprise assistée d’un bureau d’intérim recrute du personnel de cette manière », a-t-il ajouté.
Le ministre, qui est compétent pour la reconnaissance des bureaux d’intérim en Flandre, fera analyser en quelle mesure la législation flamande a été enfreinte et quelles sanctions peuvent être prises. Il a souligné que le bureau impliqué était membre de Federgon, la coupole du secteur de l’intérim.
« La coupole avait récemment convenu que ses membres n’accepteraient plus les demandes racistes de leurs clients en matière de recrutement de personnel. Si la plainte est fondée, je leur demanderai de s’en tenir à cette convention », a conclu le ministre.
La DB surprise et choquée
La Deutsche Bank est surprise et particulièrement choquée par l’article paru dans De Morgen relatant qu’une société externe aurait usé de critères racistes pour recruter des travailleurs intérimaires pour le compte de la Deutsche Bank.
« Tant le Deutsche Bank Group comme Deutsche Bank Belgique ont toujours hissé haut l’étendard de la diversité et cela peut se voir sur le terrain.
La discrimination sur base du sexe, de l’âge, de l’orientation sexuelle, de la religion, de la couleur de peau est tout simplement inadmissible », selon le groupe bancaire.
« Le communiqué de presse de l’organisation Kif Kif de mercredi mentionne d’ailleurs explicitement que la Deutsche Bank s’est toujours présentée comme antiraciste », poursuit la Deutsche Bank.
La banque a entre-temps pris contact avec l’association Kif Kif pour voir où une éventuelle faute aurait été commise. Un audit interne a également été commandé. « Au premier abord, il semble que c’est le bureau de recrutement d’intérimaires qui a commis une faute », explique la banque.
« S’il s’avère qu’un des employés de la banque a toutefois autorisé qu’un bureau externe retienne des critères racistes dans le cadre de son travail de recrutement, la banque prendra immédiatement les mesures disciplinaires qui s’imposent », conclut la Deutsche Bank.
Réunion du CECLCR
Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLCR) se réunira dans les prochains jours avec l’organisation Kif Kif afin d’examiner s’il entreprendra des mesures juridiques à l’encontre de la Deutsche Bank. « Je reste encore prudent jusqu’ici mais si cette information se vérifie, il s’agirait alors clairement d’un cas de discrimination », indique Jozef De Witte, directeur du Centre. « C’est toujours choquant de constater que des sociétés qui signent des chartes ne les respectent pas elles-mêmes », ajoute-t-il.
« Si un cas de discrimination est confirmé au sein de la Deutsche Bank, il semblerait une fois de plus que le discours et la pratique divergent », conclut-il.
(D’après Belga)
