La feuille de route du formateur II

COPPI,DAVID

Mercredi 3 octobre 2007

115 jours sans gouvernement. La crise dure, les travaux reprennent. Yves Leterme et les partenaires de l’Orange bleue se donnent un moi s pour réussir. Un nouveau départ…

Grand vainqueur des législatives le 10 juin, Yves Leterme, leader du cartel CD&V/N-VA, avait échoué comme formateur du gouvernement lors d’un premier tour de piste en août. Sa feuille de route pour le deuxième (et dernier) essai…

1 La communication. Elle avait fait défaut en août, et les leaders de l’Orange bleue avaient rempli ce vide en multipliant les déclarations intempestives aux grilles du château de Val Duchesse ou dans les médias. Cette fois, Miet Deckers, porte-parole, et Peter Paulussen, assurant la liaison entre le CD&V et le formateur (ainsi qu’avec Herman Van Rompuy, pour le volet institutionnel), doivent prendre les choses en main. Signe que la « com’ » est un souci : Yves Leterme a entrepris un tour des médias francophones et flamands pour une série d’entretiens « informels ».

2 Le programme. Le formateur ne s’engagera pas immédiatement dans des négociations collectives, avec tous les partenaires de l’Orange bleue. Pas prêt. Trop tôt. Il poursuivra quelques jours ses rencontres « bilatérales », hier avec la délégation du VLD, puis celle du CD&V/N-VA.

Comme base de travail, le formateur II récupère la note du formateur I, intitulée : « La force des gens », amendée au fil des discussions à Val Duchesse jusqu’à la rupture du 23 août.

Yves Leterme et ses interlocuteurs évoqueront en premier les sujets non institutionnels : la justice et l’immigration, avant la santé et l’emploi. Dans le même temps, ils s’attaqueront à l’élaboration du budget 2008.

Herman Van Rompuy reste en piste. L’« explorateur » ne se mue pas en simple négociateur CD&V. Il reprendra son bâton de pèlerin pour sonder les états majors des partis, toujours à la recherche du Graal institutionnel. BHV reste un préalable à tout accord de gouvernement. Il faudra aussi s’entendre sur les réformes à la majorité simple, que la coalition de centre droit s’engagera à exécuter d’emblée. Et arrêter la liste des sujets qui figureront au programme du « groupe des commissaires royaux », ou comité des sages, qui devrait réunir, lui, l’ensemble des formations représentées au Parlement, et discuter des réformes institutionnelles qui requièrent la majorité des deux tiers.

3 Les délais. Tous dans l’Orange bleue se donnent un mois environ pour réussir. Jalonné d’écueils. Mardi prochain, le parlement fédéral rouvrira ses portes avec, sur les bancs du gouvernement, une équipe en affaires courantes, celle de Verhofstadt II. Un tableau pas idéal. Et chaque semaine, les propositions de lois flamandes sur la scission de BHV feront s’agiter les députés à la commission de l’Intérieur de la Chambre.

Pas de résultats.