BHV : La carte pédagogie des francophones
VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE
Mercredi 3 octobre 2007
Le premier acte est toujours consacré à un débat de procédure assuré par le Vlaams Belang. Cette fois, il s’agissait de savoir si « des sandwichs étaient prévus ». Autrement dit, si la discussion générale des propositions flamandes allait pouvoir se poursuivre au finish ou si les partis partenaires de l’orange bleue s’étaient arrangés pour freiner les ardeurs des parlementaires. Histoire de ne pas compromettre encore davantage les chances de former un jour un gouvernement. « Êtes-vous encore De Crem ou « de rem » (le frein, NDLR), s’énerve Gerolf Annemans. Hans Bonte (SP.A) est plus énervé encore. Il veut le vote au bout de la soirée. Il ne faut pas se soucier, dit-il, de ce que font les francophones : « nous avons la majorité ».
De Crem dément toute manœuvre dilatoire : il a commandé les sandwichs. Les francophones peuvent entrer en scène et expliquer – longuement en quoi la scission de BHV est à la fois inutile et potentiellement dangereuse pour le pays.
Ils ne sont pas seuls à s’inquiéter et à ne rien vouloir précipiter. Tinne Van der Straeten (Groen) craint que le compromis sur BHV soit très chèrement payé par les Flamands de Bruxelles qui se retrouveraient tout à fait marginalisés. La scission « pure et simple » de BHV aurait pour effet de réduire la représentation flamande à Bruxelles à néant car aucun parti n’atteindrait le seul électoral de 5 %, constate Daniel Baquelaine (MR). Et les solutions proposées par les partis flamands en matière d’apparentement sont anticonstitutionnelles. « Cette scission ne profiterait à aucun citoyen de ce pays mais aurait des effets négatifs pour plus de 120.000 d’entre eux ». Daniel Baquelaine et Melchior Wathelet (CDH) rappellent que la Cour d’Arbitrage n’a jamais demandé la scission de BHV et que d’autres solutions existent, qu’ils détaillent longuement. Mais chacun en est conscient : la vraie épreuve de force se joue ailleurs, chez les négociateurs, pas en Commission de l’Intérieur. Ou pas encore. Car un vote Flamands contre francophones reste possible. « Ce serait un fait politique majeur qui ne serait pas neutre pour l’avenir du pays, avertit Karine Lalieux (PS). Les socialistes francophones n’ont pas envie de jouer le jeu : « Ce ne serait que vaine musculation, poursuit
la députée. Car tout le monde sait qu’un vote a peu de chances d’être traduit en loi compte tenu des mécanismes de protection existants pour les francophones ». Rester zen donc ? « Il faut laisser un espace suffisant au formateur pour trouver une solution », disent les députés MR.
Ce qui a le don d’énerver Hans Bonte. « Dans quelle pièce joue-t-on ? » demande-t-il à De Crem. « Nous examinons des propositions pour scinder BHV », rétorque-t-il, impassible. À 18 heures, le rideau tombe. Il faudra trouver un nouveau truc la semaine prochaine pour éviter les votes des premiers articles. À moins que le formateur…
