Le notaire Indekeu sous les verrous
DELEPIERRE,FREDERIC
Jeudi 4 octobre 2007
Des chèques au porteur détournés, des fausses notes d’honoraires ou le recours à des hommes de paille lui sont reprochés. Indekeu a été inculpé de faux, abus de confiance, fraude fiscale et blanchiment.
L’affaire prend corps le 25 février 2005. Ce jour-là, l’Inspection spéciale des impôts (ISI) adresse au procureur du Roi de Bruxelles une information concernant des infractions fiscales et non fiscales. L’une des personnes mises en cause est le notaire Jean-Luc Indekeu. Il n’aurait pas retenu le précompte professionnel sur la plus-value d’un immeuble appartenant à une société de droit étranger.
En mars 2006, l’affaire est mise à l’instruction et confiée au juge Michel Claise. Assez rapidement, l’enquête met en évidence des actes dont le notaire Indekeu est le bénéficiaire économique.
Problème ? « Ces actes sont faits au travers de sociétés dirigées par des hommes de paille, comme le commentait ce jeudi le parquet de Bruxelles. Cela allant jusqu’à la falsification supposée d’évaluation d’immeubles entraînant une diminution de la charge fiscale à son bénéfice, et jusqu’à l’utilisation de son compte d’étude notariale à des fins personnelles. »
Premier coup de semonce le 13 mars de cette année. Le juge estime les indices suffisants pour inculper le notaire de faux et usage de faux et le placer en détention préventive. Il y restera jusqu’au 22 du même mois.
La chambre des notaires lance alors un contrôle de la comptabilité de son membre. Le 20 juillet dernier, elle transmet les conclusions des quatre experts (deux notaires et deux réviseurs d’entreprises) au procureur du Roi de Bruxelles, Bruno Bulthé.
Nouvelles révélations. Jean-Luc Indekeu « aurait encaissé indûment des chèques au porteur destinés à ses clients, commente le parquet. Il aurait fait passer certains de ces collaborateurs pour indépendants alors qu’ils n’en ont pas le statut. Par ailleurs, il aurait été incapable de justifier certaines de ses dépenses. Enfin, rien que pour l’exercice comptable 2006, le rapport de la chambre des notaires constate le détournement de 225.142,92 euros. »
Plus récemment, l’enquête aurait également établi que le notaire manipulait des notes d’honoraires. Enfin, il aurait aussi établi de fausses facturations au profit de sociétés familiales. « Les profits de toutes les manipulations auraient été injectés dans un circuit de blanchiment d’argent obtenu par les systèmes mis en place », conclut le parquet.
