Journée essentielle à Anvers

METDEPENNINGEN,MARC

Dimanche 7 octobre 2007

Les parents de Luna seront appelés à la barre. Ce lundi sera une journée cruciale aux assises d’Anvers. Le verdict est attendu jeudi au procès d’Hans Van Themsche.

La cour d’assises d’Anvers devrait vivre aujourd’hui une journée essentielle du procès intenté à Hans Van Themsche, ce jeune homme âgé de 19 ans qui avait mené, le 11 mai 2006 dans les rues de la Métropole, une équipée raciste et sanglante qui avait coûté la vie à la petite Luna Drowart (2 ans), à Oulematou Niangandou (24 ans), sa nounou malienne, et blessé grièvement une femme turque de 47 ans, Songul Koç.

En fin d’après-midi, les jurés anversois, qui suivent passivement les débats depuis lundi dernier, entendront la déposition de la maman et du papa de la petite Luna, deux restaurateurs anversois qui avaient, vendredi, exprimé leur souhait de rencontrer les parents du meurtrier de leur fille.

Qu’attendre de cette déposition ? Laurence Van Bree et Roman Drowart diront, bien évidemment, la peine et l’effroi dans lesquels les a plongés le meurtre brutal de leur fillette. Ils diront surtout leur analyse de ce que furent les motivations d’Hans Van Themsche et esquisseront ainsi, dans l’esprit des jurés, le sort à lui réserver. Avant eux, les proches d’Oulematou Niangandou seront venus dire leurs propres sentiments.

Autiste ? Cinq experts commandités par la défense sont venus affirmer que l’accusé était un « autiste » de type Asperger et qu’il devait être interné. Cette affirmation a été prise en contre par les experts du parquet, qui ont pointé, chez leurs confrères, de nombreuses erreurs méthodologiques et ont confirmé qu’Hans Van Themsche n’était atteint d’aucun trouble mental et était responsable de ses actes. Les associations flamandes et francophones d’autistes s’étonnent et se révoltent face à l’incrimination de « l’autisme » dans le parcours criminel de l’accusé. Elles craignent que ces affirmartions rendent encore plus compliqués les processus d’intégration des vrais autistes.

Experts. Le président a relevé que leurs interventions furent massives : près de six heures de dépositions. Cette guerre des experts a laissé l’impression que des psychiatres pouvaient dire tout et son contraire. Elle a aussi confirmé que la défense d’un accusé pouvait, sans difficulté, s’approprier des conclusions « scientifiques » utiles à une conclusion prédéterminée…

Défense. Les avocats de Van Themsche devraient plaider mercredi. Ils avaient demandé, dès l’ouverture du procès, l’annulation des poursuites au motif de la surmédiatisation de l’affaire. Ils se trouvent dans une position délicate. Leurs propres experts, avec leur assentiment, ont estimé, en préconisant l’internement du meurtrier, qu’il était susceptible de récidive. Si le jury ne suit pas leur voie de l’irresponsabilité mentale, ils auront du mal à plaider une peine modérée, dès lors qu’ils ont admis eux-mêmes la dangerosité de leur client.

Vlaams Belang. Peter, le père d’Hans Van Themsche, a rendu sa carte du parti néofasciste flamand « par respect pour les victimes ». Ce nationaliste flamand a ainsi clairement dit que le Vlaams Belang véhiculait ces idées racistes qui ont pu instiller la haine meurtrière dans l’esprit de son fils.

Pas de résultats.