Exceptions pour l’inscription

SOUMOIS,FREDERIC

Mardi 9 octobre 2007

Vote en urgence d’un patch correctif… au dam de l’opposition. Nouveaux passe-droits pour les élèves en internat, en immersion linguistique ou dans une école « adossée ».

On ne rit pas dans le fond de la classe. Voté le 28 février au petit matin, le décret « Inscriptions », qui règle strictement la manière dont dorénavant les inscriptions devront se passer en première année du secondaire, a déjà été corrigé deux fois. D’abord par le gouvernement en septembre. Et une nouvelle fois hier soir, par le parlement, après moultes escarmouches majorité-opposition.

Trois nouvelles dérogations au principe du « premier arrivé, premier inscrit » (voir notre repères) ont été coulées hier dans un décret, avant d’être mises sur orbite par arrêté dès ce vendredi.

La première introduit comme exception complémentaire le fait pour l’élève de suivre les cours dans une école primaire « associée » avec une école secondaire. « Des parents ont inscrit cette année, de bonne foi, des élèves en 5e et en 6e primaire dans une école en désirant qu’ils poursuivent ensuite dans l’école secondaire connexe. Permettre cette dérogation pour une durée de deux ans, c’est permettre la continuité pédagogique », explique Françoise Fassiaux-Looten, un des auteurs du texte. Cette latitude ne sera pourtant possible que durant deux ans maximum, et pour les enfants inscrits avant le 11 septembre dernier. Le but : éviter que des centaines de parents s’engouffrent dans cette exception et inscrivent dorénavant des enfants prioritairement dans des écoles primaires qui sont « pacsées » avec une école secondaire. Attention cependant : tel que voté, le texte permet au gouvernement de prolonger cette exception sans reconsulter le parlement.

Deuxième exception : les internats. La majorité PS-CDH s’aperçoit aujourd’hui qu’il y a peu de cohérence à refuser une place dans le secondaire si un enfant fréquente un internat commun à des écoles primaire et secondaire. Bonne mère, elle bat sa coulpe et plaide l’oubli… en oubliant que l’opposition invoque ce problème depuis des mois.

Multiplication des dérogations

Troisième exception : l’élève en immersion linguistique en primaire sera prioritaire dans une école secondaire en immersion. Logique. « Sauf qu’il manque de places en immersion. Et que seuls les parents qui auront su s’informer des bonnes filières pour trouver une place « immersion » en primaire trouveront une place en secondaire. Ce décret, qui veut démocratiser l’accès à l’enseignement, devient de moins en moins lisible par les populations fragilisées qu’il est censé soutenir » a argumenté Yves Reinkin, député Ecolo. Qui s’est abstenu, quoique soutenant les objectifs du texte.

Contrairement au MR qui a voté contre, trouvant mille motifs dans « le rapiéçage législatif de la majorité » et la « multiplication des dérogations et des exceptions » de reporter un texte « de plus en plus brouillé, incompréhensible pour les parents, contre-productif ». Sans ébranler la majorité, certaine d’œuvrer ainsi de manière décisive pour une plus grande mixité sociale dans les écoles.

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