La police traque les fraudes sur internet
n.c.
Jeudi 18 octobre 2007
La police fédérale a annoncé officiellement jeudi, au cours d'une journée d'étude, la mise en place, depuis le premier octobre, d'une cellule destinée à analyser l'ampleur du phénomène de la fraude sur internet.
Le nombre de connexions à internet et le commerce en ligne augmentent chaque année en Belgique, et par conséquent les fraudes aussi, a précisé la police fédérale.
Composée de 4 personnes et rattachée à la Federal computer crime unit (FCCU), la cellule « fraude sur internet » procédera dans un premier temps à une analyse des pratiques frauduleuses sur internet, une forme de criminalité en pleine expansion mais qui reste mal connue.
« Les fraudeurs sur internet sont très inventifs », ont expliqué Johan Denolf, directeur du département criminalité économique et financière à la police fédérale et Luc Beirens, de la FCCU. Une nouvelle technique d’arnaque consiste par exemple en l’envoi d’un courriel écrit dans un mauvais français à une victime potentielle qui, naturellement, remarque la supercherie. Les fraudeurs envoient ensuite un second e-mail quelques jours plus tard à la personne, cette fois en se faisant passer pour sa banque et réclamant les données de la victime potentielle afin, soi-disant, de l’aider à ce que pareille mésaventure ne se produise plus. La personne, ne se doutant cette fois de rien, fait alors parvenir aux fraudeurs un certain nombre de données personnelles, ont-ils expliqué.
Les spécialistes de la police fédérale ont également mis en garde contre les sites de vente en ligne, précisant que les victimes de fraudes pouvaient aussi bien être les acheteurs, que les vendeurs. Selon une étude de la police, un tiers des fraudes sur ce type de site concernent des montants inférieurs à 500 euros. Un autre tiers, des montants allant de 500 à 2.500 euros. Le dernier tiers a trait à des montants supérieurs à 2.500 euros. « Il faut être vigilant et méfiant, surtout quand votre vis-à-vis se montre pressé et essaie d’aller le plus vite possible pour réaliser une transaction. Il faut réagir à une offre virtuelle comme on réagirait à une offre dans le monde réel », ont conseillé les deux hommes.
La police fédérale en a aussi profité pour rappeler un certain nombre de conseils de sécurité censés permettre de limiter les risques de fraude.
Il s’agit de ne jamais divulguer des informations relatives à ses numéros de compte et codes secrets. Il convient aussi d’éviter les mots de passe trop simples ou trop évidents. Il faut en outre éviter d’effectuer des transactions à partir d’un autre ordinateur que le sien ou à partir de l’ordinateur d’un hôtel. Et mettre régulièrement à jour ses logiciels antivirus et ses pare-feu est plus que recommandé, ont ajouté les spécialistes. Enfin, toute victime de fraude ou de tentative de fraude est priée de le signaler à la police.
En 2006, plus de 27.000 dénonciations de fraude sur internet ont été introduites auprès du Point central de signalement judiciaire pour les abus sur internet, devenu www.ecops.be depuis janvier 2007. Un chiffre en forte hausse par rapport à l’année 2006, durant laquelle 16.150 dénonciations avaient été enregistrées. La plupart des fraudes dénoncées concernent toutefois des tentatives. Seule une partie de ces dénonciations provient de victimes effectives, précise la police fédérale.
(D’après Belga)
