Les escrocs ont tissé leur toile sur la Toile
DETAILLE,STEPHANE
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Vendredi 19 octobre 2007
Consommation 27.000 faits signalés en 2006
Autant dire que l’augmentation des fraudes sur internet est à l’avenant. En 2006, le Point central de signalement judiciaire pour les abus sur Internet – un service de la Police fédérale rebaptisé « eCops » en janvier dernier – a enregistré 27.204 signalements de fraudes : soit une hausse de quelque 70 % par rapport à l’année précédente (16.150 signalements).
« Les fraudes signalées au service eCops sont, selon le type de délit, traités par le Federal computer crime unit (CCU), l’unité de la Police fédérale spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité, ou par la Direction générale de contrôle et de médiation du SPF Economie », explique Johan Denolf, directeur de la section « criminalité économique et financière » de la CCU. « Les signalements recueillis par le service eCops concernent principalement des tentatives. Seul un petit nombre de ces dénonciations provient de victimes effectives de fraudes sur internet. Il n’en reste pas moins que de plus en plus de Belges perdent beaucoup d’argent sur internet. »
À ce stade, toutefois, les autorités belges n’ont encore qu’une vision lacunaire de cette forme particulière de criminalité. C’est la raison pour laquelle une cellule « Fraude sur internet » vient d’être créée au sein de la CCU. Son rôle consistera, dans un premier temps, à analyser le phénomène en profondeur. Puis à suggérer des mesures propres à garantir une meilleure centralisation des informations. Et, enfin, à rechercher les liens entre les nombreux cas d’escroquerie pour démasquer les organisateurs de ces fraudes. Un peu à l’image de l’IC3 (pour Internet Crime Complaints Center) qui, aux États-Unis, coordonne la lutte contre les cyberescrocs. « L’an passé, signale Johan Denolf, l’IC3 a traité 208.000 signalements de fraude pour un préjudice total évalué à 142 millions d’euros, soit une fraude moyenne de 520 euros par cas… »
L’enjeu, là comme ici, est important : la confiance que les consommateurs placent désormais dans l’e-commerce ne pourra être maintenue que si les délits restent limités. Et sanctionnés.
« La vigilance du consommateur reste la meilleure arme »
Les sites d’enchères sont aussi le lieu de pas mal d’escroqueries dont un tiers, explique Luc Beirens (CCU), porte sur des montants supérieurs à 2.500 euros.
« Ici, explique Johan Denolf, la vigilance du consommateur reste l’arme la plus sûre contre la fraude. Le meilleur réflexe qu’un consommateur puisse avoir lorsqu’il est saisi d’une offre virtuelle, c’est de se demander si cette offre lui semblerait crédible si elle lui était faite dans le réel. Tout se passe comme si cette méfiance s’émoussait sur internet. Il s’est trouvé des gens pour acheter sur la Toile une Porsche localisée en Espagne et vendue 6.500 euros avec 43.000 kilomètres au compteur… »
