Immoval a besoin du Val

WAUTERS,LAURENCE

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Jeudi 25 octobre 2007

Seraing La pérennité des cristalleries en question

Le promoteur immobilier entrerait dans le capital des cristalleries du Val Saint-Lambert.

En janvier prochain, Sylvie Henquin devrait célébrer ses cinq années à la tête des cristalleries du Val Saint-Lambert, acquises alors qu’elles connaissaient d’importantes difficultés. Le conditionnel est d’usage.

Fin septembre, elle a confié à la banque Degroof la mission de lui dégoter un partenaire « qui amène de l’argent frais, un savoir-faire commercial et des compétences industrielles », explique-t-elle. Des intéressés se sont manifestés, mais cet appel à partenariat doit livrer ses résultats fin novembre. Si ces pourvoyeurs de fonds et d’expérience « ne sont pas trop gourmands », Sylvie Henquin veut conserver les rênes de cet agonisant qu’elle a, à force de volonté et de deniers personnels, ressuscité.

Mais certains s’inquiètent de cet appel à autrui. Les soixante employés, d’abord. La Ville de Seraing, ensuite. « Nous surveillons ce dossier avec attention. Les cristalleries, ce sont les emplois en jeu, mais aussi une exceptionnelle carte de visite en termes de savoir-faire que Seraing veut voir subsister », a déclaré le bourgmestre Alain Mathot, interpellé par l’opposition à ce sujet lors du dernier conseil.

Autre source d’inquiétude : le projet développé par la société Immoval, issue d’un partenariat public-privé (4 millions d’euros investis sur le site actuellement, deux fois plus d’ici la mi-2008). Elle désire implanter au Val un pôle « art de la table et de la maison » et un pôle touristique en lien avec la cristallerie et le château. Un investissement privé estimé à 180 millions d’euros, pour 940 emplois (dont ¾ de non qualifiés) en période de croisière, une fois tous les pans du projet concrétisés.

« Nous ne pouvons qu’être concernés », confie Pierre Grivegnée, administrateur-délégué d’Immoval à qui l’on doit la paternité de la Médiacité. « La cristallerie est un symbole, et elle constitue un produit d’appel indéniable pour les projets annexes ». Et de confier qu’une de ses sociétés, Speci, a remis offre à la banque Degroof pour s’impliquer dans VSLI. « Il faudra mettre en place les outils nécessaires pour assurer la pérennité des cristalleries sur le long terme. Si ce n’est pas nous, ce n’est pas grave : ce qui nous intéresse, c’est qu’elle soit sauvée ».

« Réflexe belge »

Immoval, qui gère tout le site du Val hormis les cristalleries et les habitations de la Sérésienne, reste donc plus qu’attentif à l’avenir de son voisin. Mais continue à plancher sur son projet. « Nous avons engagé un spécialiste de l’organisation d’espaces verts, il faut intégrer au mieux les différents bâtiments et activités dans leur environnement », poursuit l’administrateur-délégué.

Une fois cette étude terminée, des esquisses seront présentées aux premiers intéressés : les riverains, la Ville et le fonctionnaire-délégué de la Région Wallonne. « Nous voulons leur proposer un projet bien réfléchi et abouti, afin que le processus de discussions soit lancé sur de bonnes bases ». Ces rencontres sont prévues à la fin de l’année. Le tour de table sera élargi début 2008, puis les plans ajustés suivront les différentes procédures liées aux permis.

Une fois cela conclu, restera à retourner auprès des investisseurs intéressés. « Un groupe d’hôtellerie, un groupe spécialisé dans la décoration et d’autres sont attentifs au projet. Mais je suis contre ce réflexe belge de montrer les choses avant d’avoir toutes les autorisations nécessaires. Cela risque de discréditer l’opération, et on ne joue pas avec un projet de 180 millions ». Aquapark, piste de ski, pôle horéca sont toujours bien prévus, sans brûler les étapes. Ils devraient sortir de terre d’ici 3 à 4 ans.

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