Philip Catherine en pastels intimistes

JOASSIN,ANDRE

Jeudi 1er novembre 2007

Musique L’Audi Jazz, mercredi à Bozar

Philip Catherine a 65 ans depuis samedi, dont une cinquantaine largement consacrée à la musique. Quantité d’albums sous son nom, des collaborations prestigieuses (Ponty, Chet Baker, Mingus, Julien Clerc, Grappelli, Dexter Gordon…), une reconnaissance internationale soulignée par des disques cités haut dans les referendums et publiés sur des labels de grande diffusion (Atlantic, Warner, Dreyfus). Un CV rarissime pour un jazzman belge.

L’Audi Jazz Festival a marqué le coup mercredi, avec une soirée spéciale à Bozar. Selon la formule « Philip Catherine invite… », les deux heures sans entracte ont vu défiler des amis avec lesquels le jazzman a joué ou joue encore.

C’est pourtant un seul-en-scène qui inaugurait le programme, annonçant le tout premier album en solo du guitariste, à paraître prochainement. Hein van de Geyn (contrebasse) et Mimi Verderame (batterie), les premiers, ont rejoint le Bruxellois, pour une ballade intime. Suivis par Bert Joris, pour un trio guitare-trompette-contrebasse qui rappelait les années Chet Baker. Ce « Galerie des Princes » marquait l’entrée en jazz d’une soirée menée jusque-là sur un mode plus impressionniste.

La parole était alors donnée au jeune violoniste Alexandre Cavalière et au pianiste français Pierre de Bethmann, la très intéressante révélation du set. Dialogues de la six-cordes (acoustique ou électrique) avec le piano, le violon et la batterie. Mais aussi avec un ancien élève dont la carrière éclectique se déroule plutôt aux côtés d’artistes pop ou variétés : Nicolas Fiszman, le guitariste signant un « Merci Philip » de circonstance.

Réunion quasi générale pour une nouvelle composition tempérée, « Toscane », avant la venue d’un dernier invité : Toots Thielemans, pour un tendre « My Funny Valentine ». Et jam finale sur « Dance for Victor », incontournable énergique du répertoire catherinien, puis sur une reprise de Richie Beirach, en rappel.

Sensibilité et unité de style

Malgré quelques envolées dynamiques (dont un « free » décapant avec Verderame), l’annif fut plutôt fêté en pastels intimistes. Peut-être aurait-on espéré, vu l’envergure de l’artiste, voir l’Audi Jazz convier d’autres pointures internationales avec lesquelles il a aussi travaillé : Charlie Mariano, Tom Harrell, ou Larry Coryell qui ne devait pas être loin (il était jeudi soir à Zichem et sera ce vendredi au Théâtre 140).

Quoi qu’il en soit, le public, nombreux (mais la salle n’était pas remplie), se montra séduit par la sensibilité de toutes les exécutions. Et malgré la diversité des formules, l’unité de style fut préservée par le talent personnel du guitariste, qui s’exprime à la fois dans son jeu et ses compositions.

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