Saule et Pierre Lapointe en session ukulélé

PETIT,CEDRIC

Vendredi 2 novembre 2007

Ukulélé session

L’un est Québécois, l’autre Belge, les deux prophètes en leur pays. Mercredi, tandis que Pierre Lapointe jouera à Bruxelles, Saule sera quant à lui en tournée au Québec. Le Soir les a réunis pour une ukulélé session intimiste.

Si ces deux-là avaient quelque talent sportif, et quelque appétence à la lutte à la main, on pourrait orchestrer ça comme un match de boxe : d’un côté du ring, on aurait Pierre Lapointe, Québécois et ci-devant révélation musicale francophone de l’année, qui y collectionne d’ailleurs les Félix, équivalent des Victoires de la musique en France. De l’autre, Saule, alias Baptiste Lalieu, sans ses Pleureurs, qui n’en finit plus de se révéler comme le plus bel espoir francophone du pays, un an et demi après la sortie de son disque « Vous êtes ici ».

Mais ceci n’a rien d’un combat de coqs, ou de poids lourds : Pierre Lapointe a plus d’une fois joué en Belgique cette année, et son passage mercredi et jeudi prochain sera sans doute la dernière occasion de le voir avant longtemps.

Au cours de leur tournée respective, les deux bonshommes ont eu plusieurs fois l’occasion de se croiser, plusieurs fois aussi l’occasion de partager la même scène, et de jouer ensemble, comme Saule l’évoquait aux Francofolies de Spa. On attendait donc le moment où, ce dimanche là, le public verrait Lapointe rejoindre Saule. En vain mais qu’importe : les deux livrèrent d’excellentes prestations en première partie de Patrick Bruel.

La rencontre serait pour plus tard. Restait à trouver l’occasion. Mais ces jours-ci, les deux garçons ont plutôt tendance à jouer à cache-cache. Et c’est même à un véritable chassé-croisé qu’ils se livrent, dans les aéroports puisque si Pierre Lapointe sera ce jeudi à Bruxelles, Baptiste Lalieu et ses Pleureurs seront en tournée au Québec. Il a donc fallu compter sur une journée promo de l’auteur de « La Forêt des mal-aimés », fin octobre, pour organiser la confrontation.

Encore fallait-il trouver le lieu qui se prêterait à l’affaire. Parce qu’on n’imaginait pas que Pierre Lapointe ne puisse jouer ses morceaux au piano. Et qu’on laissait à Saule le soin d’exécuter les parties « ukulélé ». C’est à l’enseigne bruxelloise et mondialement réputée Pianos Kauffman qu’on a trouvé refuge, et une chaleur dans l’accueil qui a forcément favorisé la bonne entente entre Pierre et Baptiste.

D’un côté à l’autre de l’Atlantique, les deux trentenaires s’étaient accordés sur un morceau commun, une nouveauté de Baptiste qu’il trépigne de pouvoir proposer dans un second album, alors qu’on entendra, sous peu, la bande originale qu’il a signé pour le film de Benoît Mariage « Cowboy ».

« Pris ma place » , c’est aussi, concède Baptiste, le seul morceau de son répertoire qu’il joue à l’ukulélé.

Tout y était : deux chanteurs magnifiques, un lieu magique - l’atelier du magasin -, une chanson dont l’aperçu acoustique laisse présager de belles choses : ne restait plus qu’à faire tourner les caméras. Et puis, parce que Saule est comme ça, aussi disponible qu’excessivement modeste et naturel, il a choisi pour la suite de s’effacer, et de laisser Pierre Lapointe à l’avant-plan. Au piano, cette fois, seul dans la mélancolie de « Au 27-100, rue des Partances ». Forcément troublant.

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