Le destin des Belges
DELVAUX,BEATRICE
Lundi 5 novembre 2007
Oui, ce pays a furieusement besoin d’hommes d’Etat ! Qui prendront des décisions non en fonction d’opportunismes partisans ou communautaires. Mais pour doter ce pays d’un gouvernement qui s’attaque aux problèmes urgents de la société : pensions, compétitivité, environnement, recherche, enseignement.
Oui, la Belgique doit faire aboutir une large réforme de l’Etat. Les francophones ne sont pas demandeurs mais les Flamands l’exigent. Rien ne sert de botter en touche : il est plus que temps de revoir les termes du contrat de vie commune.
Mais pas question de faire cette réforme en panique. Le profil du pays doit être redessiné selon deux critères : l’amélioration de l’efficacité de la gestion politique et la prise en compte des divergences culturelles et idéologiques grandissantes entre le nord et le sud.
Le visage de cette « nouvelle Belgique » doit être discuté dans une enceinte où tous les partis sont représentés, majorité et opposition. Si l’Orange bleue échoue, place à un gouvernement d’union nationale, avec cette réforme de l’Etat pour seul objectif. Si l’Orange bleue voit le jour, elle devra convoquer une table ronde institutionnelle.
Cette grande réforme exclut toute mesure portant atteinte à la solidarité entre personnes et au fondement de l’Etat belge. Il faudra certes régionaliser de nouvelles compétences mais en refédéraliser d’autres. Il faudra par ailleurs concrétiser une circonscription unique ou toute autre idée visant à créer un espace politique et électoral commun flamand-francophone.
Mais BHV ? S’il est évident qu’une solution doit être trouvée au devenir de ce fameux arrondissement, il est tout aussi patent, dans le climat séparatiste du moment, que les francophones doivent refuser toute concession qui hypothéquerait l’avenir de Bruxelles et menacerait les droits des francophones dans les communes à facilités.
Quant à l’élargissement de Bruxelles, vu comme l’indispensable restructuration de l’espace vital de la capitale de la Belgique, il vaudra un long chapitre d’une grande réforme institutionnelle.
A trois jours de cette dramatisation inutile et égocentrique sur BHV, le bon sens s’impose : il faudra faire des compromis. D’un côté et de l’autre, on gagnera et on perdra des points. Une scission de BHV sans contrepartie fait insulte à ce bon sens-là. Tout comme le refus intangible d’une réforme de l’état. La Belgique doit être redessinée. Dans le respect de l’intérêt de tous les citoyens.
