La scission de BHV votée dès demain ?
n.c.
Mercredi 7 novembre 2007
149 jours sans nouveau gouvernement. Les partis flamands de l’Orange bleue se sont accordés ce mardi soir sur un cadre, proposé par le formateur Yves Leterme, pouvant servir à lancer la négociation sur BHV. « J’ai l’impression que les francophones ne croyaient pas que les Flamands iraient aussi loin », a déclaré Etienne Schouppe (CD&V).
Les partis flamands ont constaté le veto francophone à l’égard de ces pistes de relance des négociations. Selon les partis francophones, il s’agirait d’un simple état des lieux, incomplet, de différentes propositions faites à ce jour.
Le formateur devrait avoir de nouveaux contacts avec les partis francophones ce mercredi matin, a-t-on indiqué de source flamande.
Si aucun changement n’intervient d’ici mercredi après-midi, les partis flamands prendront leurs responsabilités en commission de l’Intérieur, ont indiqué mardi soir les présidents de l’Open Vld, du CD&V et de la N-VA, ce qui signifie, ont-ils précisé, qu’ils voteront les propositions de scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Les présidents de partis flamands ont rappelé avoir toujours indiqué leur préférence pour une solution négociée. Le président du CD&V, Jo Vandeurzen a qualifié de « particulièrement dommage » le refus francophone d’accepter le cadre du formateur comme point de départ d’une négociation.
Il a également regretté « les déclarations sur le pas de la porte » faites par d’aucuns.
Un vote ce mercredi sur la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde semble inévitable même s’il faut donner la chance aux négociateurs de l’Orange bleue de parvenir à un accord, a déclaré ce mardi soir Geert Bourgeois (N-VA).
De son côté, Etienne Schouppe (CD&V) a lui aussi affirmé que son parti ferait tout pour dégager un « consensus ». « Mais si on dit ’non’, nous prendrons nos responsabilités », a-t-il déclaré sur le plateau de TerZake.
« J’ai l’impression que les francophones ne croyaient pas que les Flamands iraient aussi loin et qu’ils pensaient que, comme par le passé, des concessions seraient faites à la fin. Ils se sont trompés », a expliqué le sénateur Schouppe.
Selon Geert Bourgeois, les Flamands ont fait preuve de patience depuis des décennies. Quant à la nomination des 4 bourgmestres francophones des communes à facilités de la périphérie bruxelloise, elle est exclue, a-t-il assuré. « Le gouvernement flamand n’acceptera pas cela », a-t-il ajouté en rappelant que ces bourgmestres avaient éhontément violé les lois linguistiques.
Enfin, le départ annoncé de Didier Reynders pour Liège, mardi soir, n’est rien d’autre qu’une tactique, a estimé le ministre Bourgeois pour qui un vote demain en commission de l’Intérieur semble une issue logique.
Le MR et le CDH attendent toujours du formateur qu’il dépose une proposition concrète sur la table, a indiqué mardi le président du MR, Didier Reynders, après son entrevue avec Yves Leterme en compagnie de la présidente du CDH, Joëlle Milquet.
Lors de cette entrevue, M. Leterme a remis aux négociateurs francophones un cadre de discussion, c’est-à-dire l’inventaire des solutions possibles sur Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ceux-ci l’ont étudié et lui ont expliqué qu’ils le jugeaient incomplet.
Certaines propositions de solution n’y figuraient pas, comme la création d’un arrondissement électoral correspondant aux limites de l’ancienne province de Brabant ou certaines mesures adoptées en 2002 sous la législature arc-en-ciel.
Les francophones n’ont pour autant pas fermé la porte à la négociation. « Nous sommes prêts à entrer dans une négociation communautaire, en ce compris sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, à condition qu’il y ait quelque chose de concret sur la table. Jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de proposition. On nous a simplement indiqué le cadre dans lequel se dérouleraient les discussions », a expliqué M. Reynders.
Avant la rencontre entre les négociateurs francophones et le formateur, Joëlle Milquet et Didier Reynders se sont concertés. A l’issue de la rencontre avec M. Leterme, M. Reynders s’est entretenu avec les négociateurs de l’Open VLD.
Le président du MR a également tenu à placer le cartel CD&V/N-VA devant ses responsabilités. « Le CD&V et la N-VA doivent savoir s’ils veulent laisser une chance à la négociation », a-t-il lancé. Pour le président du MR Didier Reynders, il n’y a toujours rien de concret à ce stade sur la table des négociations pour ce qui concerne le communautaire. M. Reynders a dit attendre du formateur qu’il formule une proposition.
Le président du MR a par ailleurs une nouvelle fois dénoncé l’ultimatum flamand sur BHV. « Le parti du formateur s’est lancé dans un certain nombre de déclarations sur la journée de demain, a-t-il rappelé. A tous ceux qui ont miné la situation de la déminer à présent », a-t-il ajouté.
La présidente du CDH, Joëlle Milquet, a quant à elle préféré ne pas aller à la rencontre de la presse au sortir de la réunion.
Il y a cependant unanimité de point de vue au sein des partis francophones, a-t-on appris.
Le président du FDF Olivier Maingain a parlé de l’existence d’un document sans statut émanant du formateur, dont le contenu est, selon lui, « inacceptable ». M. Maingain a parlé d’un « document » qui « n’est pas utile » car il ne répond pas aux attentes des francophones.
Yves Leterme a lancé lundi plusieurs propositions dont il espérait qu’elles pourraient servir de base à une discussion sur BHV.
En échange de la scission, les francophones des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise pourraient continuer de voter pour des francophones, la Communauté française pourrait investir davantage dans la culture en périphérie et Bruxelles recevrait plus d’argent. Une piste existe aussi pour que les Bruxellois néerlandophones soient assurés d’être représentés à la Chambre.
Pour la N-VA, ces propositions sont clairement insuffisantes. « Cela ne suffit pas, ce n’est pas de nature à déboucher sur un bon accord, l’addition est absolument insuffisante », indiquait-on dans l’entourage du parti.
Après les signaux négatifs émis également par les Réformateurs francophones, il semblerait que le formateur Yves Leterme devra chercher une autre piste pour le dossier BHV. Le temps presse, puisque la Commission de l’Intérieur de la Chambre doit se réunir mercredi après-midi à propos des propositions flamandes de scission de BHV.
Il est toujours prévu que la Commission de l’Intérieur de la Chambre se réunisse mercredi après-midi avec à son ordre du jour la possibilité d’un vote sur la scission de BHV.
Certains, dont le président de la Commission de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V), considèrent qu’il doit y avoir un vote, a indiqué mardi en substance le chef de groupe MR Daniel Bacquelaine. « Si le CD&V s’obstine à demander un vote demain en Commission de l’Intérieur, ce sera une déclaration de guerre », a-t-il précisé. A ce stade, « tout dépend de la capacité du formateur à mettre sur la table des propositions de discussion qui soient acceptables pour les néerlandophones et les francophones », a ajouté Daniel Bacquelaine.
Le chef de groupe CDH, Melchior Wathelet, a appelé à la sérénité. « Un vote est toujours évitable », a-t-il dit, rappelant que son parti n’acceptera pas que les francophones se voient imposer la vision d’une autre communauté avec le soutien du Vlaams Belang.
(D’après Belga)
