Le Beaujolais nouveau 2007 arrive jeudi

n.c.

Mercredi 14 novembre 2007

Le Beaujolais nouveau 2007 sera dégusté à partir de jeudi dans le monde entier mais le rite, qui se perpétue depuis des décennies grâce à un marketing bien ciblé, semble en perte de vitesse alors que l’euro fort pénalise les exportations.

Après un mois d’avril très chaud et un été pluvieux, « le Beaujolais nouveau 2007 est très agréable, sans faux goût, léger, avec des notes framboisées », estime le sommelier lyonnais Damien Gateau.

A partir d’un vin modeste produit dans les vignes de la vallée de la Saône, au nord de Lyon, les négociants ont réussi à créer une sorte d’événement planétaire chaque troisième jeudi de novembre.

Petite innovation cette année, les consommateurs pourront déguster du Beaujolais nouveau rosé mais ce sera en quantités limitées, avec 400.000 bouteilles seulement, une « goutte d’eau » à côté des 50 millions de bouteilles prévues pour le Beaujolais nouveau classique.

Décalage horaire oblige, le Japon sera comme d’habitude le premier à célébrer la fête avec de nombreux « événements spéciaux » organisés dans les grandes villes de l’archipel comme Tokyo, Nagoya et Osaka. En Chine, des soirées de dégustation sont prévues à Pékin et Shangaï.

De l’autre côté de l’Atlantique, 19 « festivals du Beaujolais nouveau » auront lieu aux Etats-Unis, notamment à Dallas, San Francisco, Los Angeles et Philadelphie.

En 2006, près de la moitié des bouteilles (47 %) de Beaujolais nouveau ont été vendues à l’étranger avec, loin devant, le Japon (11 millions de bouteilles), suivi de l’Allemagne (3,2 millions) et des Etats-Unis (2,8 millions). La Russie et la Chine sont encore des marchés émergents avec, respectivement, 182.000 et 29.000 bouteilles vendues.

« Pour 2007, les commandes en France sont plutôt stables mais, à l’export, elles sont en légère baisse », explique Franck Duboeuf, directeur général des vins Duboeuf, un des plus gros négociants du Beaujolais.

M. Duboeuf exprime en particulier son « inquiétude à cause de facteurs extérieurs comme la hausse de l’euro et celle du pétrole, qui renchérit beaucoup les coûts de transport ».

Le Beaujolais pénalisé par l’euro

Aux Etats-Unis, la bouteille sera vendue cette année aux environs de 10/12 dollars alors que, jusqu’à présent, on pouvait se la procurer à moins de 10 dollars.

« Au Japon, les exportations devraient être en baisse de 10 à 15 % cette année », estime pour sa part Ghislain de Longevialle, président de l’Inter-Beaujolais.

Avec l’appréciation de l’euro face au yen, le prix de la bouteille sera cette année 5 % plus cher, aux environs de 2.500 yens (15 euros), selon un des principaux importateurs japonais, Asahi Breweries, qui prévoit d’importer cette année 20 % de bouteilles en moins qu’en 2006.

Des chiffres qui ne sont pas de nature à rassurer les 2.500 exploitants du vignoble Beaujolais, en butte à une crise structurelle depuis le début des années 2000, liée essentiellement aux coûts de production devenus trop élevés.

Pour aider dans l’urgence une quarantaine d’exploitations au bord de la faillite, l’Etat a annoncé début novembre le déblocage de 240.000 euros d’ici la fin de l’année.

« Mais ce sont près de 2.000 exploitants qui sont en difficulté et ont du mal à vivre de leur métier », assure Bruno Matray, président de l’Union viticole du Beaujolais, relevant que « depuis deux ans, 150 à 200 exploitations ont cessé leur activité ».

(d’après AFP)

Pas de résultats.