L’Expo 58, c’était pas de la petite bière...

COUVREUR,DANIEL

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Mercredi 14 novembre 2007

Exposition Un Pavillon du bonheur à l’Atomium

Le bonheur de l’Expo 58 sera matérialisé à travers un pavillon de 43.000 casiers de bière griffé par les Belges de Vers Plus de Bien être.

De l’utopie de l’Expo 58, seul l’Atomium est encore debout, comme l’image utopiste du dernier rêve collectif de la Belgique. Ce symbole de la modernité positive fêtera son demi-siècle entre le 17 avril et le 19 octobre 1958. Reflet de ses neuf boules, la course au progrès est-elle encore d’actualité dans un monde ou la technologie n’en finit plus d’épuiser et de polluer la planète ? La modernité peut-elle encore donner du bonheur aujourd’hui ? Plus d’un million de personnes ont visité l’Atomium depuis sa restauration en 2006. Son directeur, Henri Simons, veut marquer le 50e anniversaire de cet emblème de l’universalisme par un geste aussi surréaliste que la construction de l’Atomium en 1958.

Un Pavillon du bonheur, temporaire et recyclable, entièrement construit en casiers de bière, ouvrira ses portes cinquante ans jour pour jour après l’inauguration de l’Expo 58. Il abritera une pluie de manifestations exceptionnelles mises en scène par les Bruxellois de « Place publique », remarqués pour l’aménagement du Pavillon de la France à la récente Exposition universelle d’Aichi, au Japon.

Dans les étoiles

de Lucien De Roeck

Le Pavillon du bonheur présentera une histoire des idéaux de progrès des expositions universelles. Un spectacle « Prophéties » se tiendra dans une salle-mastaba où les images jailliront à la fois du sol et du plafond. A l’extérieur, le « Jardin des Utopies » confrontera les visiteurs aux messages des arbres à palabrer et des arbres à citations.

Le bureau d’architecture bruxellois V+ (Vers Plus de Bien être) signe le projet de ce Pavillon provocateur. Jörn Aram Bihain éclaire sa démarche : « L’idée des casiers de bière, je l’ai eue avec mon confrère de V+, Thierry Decuypere. Nous cherchions simplement un matériau qui serait en même temps un produit fini commercial réutilisable. Et puis le casier est en polyéthylène, une matière créée dans les années 1950. Les casiers vont former des piliers arborescents, des colonnes, des voûtes pyramidales… un espace cinématographique, une grande halle d’exposition. Utilisés comme des blocs de pierre géants, les casiers feront oublier la bière et transcenderont la matière en palais, en château dans le ciel. Pour tenir tout ça ensemble, des câbles vont être tendus à l’intérieur des bacs, entre le sol et le plafond de verre : c’est le principe du gaufrier ».

L’aménagement du Pavillon débutera au mois de janvier, en contrebas de l’Atomium, sur le boulevard du Centenaire qui sera hérissé d’étoiles de l’Expo 58 dessinées par Lucien De Roeck. Hommage sera rendu à ce graphiste de génie à travers l’exposition « Entre utopie et réalité », dans les boules de l’Atomium et au Centre international pour la ville et l’architecture (CIVA).

Henri Simons annonce encore des projections de films en plein air en collaboration avec la Cinémathèque Royale et en résonance avec ces années-là, comme Mon oncle, l’hymne satirique de Tati à la société du gadget…

Autre surprise attendue : la résurrection du Pavillon Philips. Si ce bijou futuriste de Le Corbusier a été détruit envers et contre une pétition internationale de sauvegarde, le poème électronique en son et lumière composé par Xénakis et Varèse à l’intérieur, sera rejoué sur les images du film original projetées à Flagey. Et ce ne sont là que quelques-uns des trente projets qui feront revivre la Belgique joyeuse de 1958. Henri Simons espère attirer un million de visiteurs à l’Atomium en 2008, grâce à ce jubilé du retour vers le futur dont le budget est estimé entre 1,5 et 2 millions d’euros.

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