Pas roses, les billets de réservation en ligne
DEMONTY,BERNARD
Mercredi 14 novembre 2007
Transport Les sites belges de réservation de billets d’avion critiqués
La Commission a relevé des infractions sur 46 des 48 sites belges visités. Elle pourrait les fermer.
Et la Belgique n’a pas de leçon à donner, en la matière. La Commission européenne a publié ce mercredi une enquête recensant les infractions aux pratiques du commerce commises sur les sites de vente en ligne. Quarante-huit sites ont été visités en Belgique. Et… 46 étaient en infraction.
Lesquels ? Mystère. La Commission a décidé de ne pas divulguer les noms des sociétés qui ne respectent pas la loi, afin de leur laisser un délai de deux mois pour se mettre en règle sans subir la publicité négative d’une médiatisation. Brussels Airlines nous assure qu’elle n’a reçu aucune information faisant état d’infractions sur son site. Ryanair n’a pas fait de commentaires, mais certaines pratiques en vigueur sur son site internet sont explicitement condamnées par la Commission. Il en va ainsi de l’obligation faite au consommateur de cocher une case s’il ne souhaite pas d’assurance annulation. Faute de manifester sa volonté, le client se retrouve avec une assurance qu’il n’a pas nécessairement souhaitée.
Les enquêteurs mandatés par la Commission européenne ont aussi regardé si le prix final d’un billet était affiché d’emblée sur le site, avec les coûts supplémentaires comme les taxes d’aéroport, de réservation ou de cartes de crédit.
Sur beaucoup de sites belges, force est de constater que ces ajouts n’apparaissent habituellement que dans la dernière ligne droite de la réservation.
Les conditions attachées à des offres spéciales, en particulier leur disponibilité, doivent également être clairement annoncées. Or les enquêteurs ont constaté que les tarifs imbattables servent surtout d’appâts pour les consommateurs. A nouveau, Brussels Airlines, principale compagnie belge, s’estime en règle. « Nous avons sur le site un calendrier qui indique les dates où nos promotions sont disponibles. Il n’y a pas d’équivoque », a-t-il dit.
Les enquêteurs ont également regardé si les termes des contrats étaient indiqués clairement, dans la langue du consommateur, et étaient légaux. A nouveau, beaucoup de sites belges ne répondent pas à cette obligation, surtout pour les langues européennes les moins courantes. « Les chiffres démontrent qu’il y a un problème majeur dans cette industrie », a fustigé la commissaire à la Consommation Meglena Kuneva, en notant qu’un billet d’avion apparaissant en première page d’un site à 20 euros pouvait au final atteindre 100 euros.
Si les sites belges ne sont pas glorieux, le problème des pratiques du commerce bafouées n’est pas limité à notre pays. Les autorités nationales ont sélectionné et scruté quelque 447 sites internet pour conclure que 226 avaient des pratiques contraires aux règlements européens de protection des consommateurs.
« J’envoie un avertissement fort aux entreprises pour qu’elles prennent des actions rapides et mettent de l’ordre, a prévenu la commissaire européenne. De telles pratiques entraînent une distorsion de la concurrence et ralentissent la croissance du secteur », a-t-elle jugé.
Après le sursis accordé jusqu’à fin janvier, elle n’hésitera pas à publier les noms des entreprises fautives et n’exclut pas des sanctions allant jusqu’à la fermeture de certains sites.
L’association de consommateurs Test Achats se réjouit de l’initiative de la Commission européenne. « Nous avions dénoncé cette situation il y a un an déjà et de très nombreux sites restent en infraction », dit Jean-Philippe Ducart, le porte-parole de l’association de consommateurs.
