Explorer : les naufragés attendent un rapatriement

n.c.

Samedi 24 novembre 2007

Un bateau de croisière, l’Explorer, a fait naufrage vendredi dans les eaux de l’Antarctique après avoir heurté un iceberg. Les 154 passagers et membres d’équipage, tous sains et saufs, ont été débarqués provisoirement sur des bases militaires. La météo retarde leur retour au Chili.

De mauvaises conditions météorologiques empêchaient samedi le départ pour le Chili des 154 passagers et membres d’équipage de l’Explorer évacués vers des bases militaires en Antarctique après une collision entre leur bateau de croisière et un iceberg.

« Les conditions météorologiques continuent à être mauvaises et l’on ignore quand un avion Hercules pourra partir pour l’Antarctique » pour ramener les rescapés, a déclaré à l’AFP le commandant Reinaldo Neuling, porte-parole de l’armée de l’air chilienne à Punta Arenas, à l’extrémité sud du continent latino-américain.

Les autorités chiliennes avaient prévu deux vols d’avions de transport de ce type pour transporter les naufragés, accueillis dans les bases chilienne Eudardo Frei et uruguayenne d’Artigas.

« Ils sont en bonne santé, il n’y a pas d’hypothermie. Tous ont de la nourriture et des vêtements. Tout va bien », a déclaré par téléphone Arnvid Hansen, le capitaine du Nordnorge, le navire norvégien qui a recueilli les naufragés de l’Explorer. « Le Nordnorge est arrivé dans la baie de Fildes, sur l’île du Roi George, à 13h20 (17h20 en Belgique). Les conditions météorologiques défavorables, avec des rafales de vent à 20 nœuds et des chutes de pluie-neige, empêchent le débarquement des passagers », ont de leur côté indiqué les autorités maritimes chiliennes. « La capitainerie du port de Bahia Fildes attend de meilleures conditions météorologiques pour procéder au débarquement ».

Une fois débarqués, la moitié des rescapés dormira sur la base Eduardo Frei de l’armée de l’air chilienne et l’autre moitié sur la base uruguayenne d’Artigas, a précisé le responsable des autorités maritimes locales, le lieutenant Italo Solari.

Le navire avait à son bord 91 touristes d’une quinzaine de nationalités (surtout des Britanniques, Néerlandais, Canadiens, Australiens et Américains lais également 2 Belges) et 54 membres d’équipage, a indiqué une porte-parole de l’organisateur de voyages canadien, G.A.P. Adventures, dont neuf accompagnateurs se trouvaient aussi sur l’Explorer.

Une assistante d’expédition argentine, Andrea Salas, contactée à bord du Nordnorge par la radio argentine Continental, a expliqué que leur évacuation s’était « déroulée sans panique, avec beaucoup de tranquillité ». « Je me trouvais au bar du bateau après minuit, en train de boire un verre avec mes collègues et quelques passagers, quand j’ai vu des gens qui arrivaient des cabines situées plus bas, mouillés et criant “il y a de l’eau !”, a raconté Andrea (38 ans). Quelques minutes plus tard, les haut-parleurs du navire annonçaient que l’Explorer avait heurté un iceberg. Quand le bateau a commencé à pencher sur la droite, l’évacuation a commencé.

La jeune accompagnatrice a raconté que les passagers s’étaient « “super” bien comportés » alors qu’ils sont restés trois ou quatre heures à bord des canots de sauvetage. « Il y avait du vent, il faisait très froid, et nous étions mouillés à cause des vagues », a-t-elle relaté.

L’Explorer, battant pavillon libérien, est entré en collision à 0h34 (4h34 en Belgique) avec un iceberg à proximité de l’île du Roi Georges, dans la zone de recherche et de sauvetage relevant de la responsabilité du Chili, a indiqué le commandant de la Marine chilienne Felipe Gracia. Le capitaine du Nordnorge, premier bateau arrivé sur la zone, a été immédiatement désigné par l’Armée chilienne comme coordinateur des secours.

Selon la marine chilienne, le sauvetage a débuté à 6h20 (10h20 HB) avec l’aide d’un autre navire, le National Geographic Endeavour. Le premier navire à être arrivé sur les lieux a embarqué la totalité des naufragés et coordonne leur débarquement dans la baie de Fieldes, avant leur transfert aérien vers Punta Arenas, ville de l’extrême sud du Chili, a indiqué la marine chilienne.

La préfecture navale argentine a affirmé de son côté que le bateau de croisière avait « souffert d’une avarie sur sa coque et que des compartiments avaient commencé à s’inonder, raison pour laquelle le sauvetage a démarré par la mise à l’eau de huit canots semi-rigides et six radeaux de sauvetage ».

Selon les garde-côtes britanniques, qui ont intercepté l’appel de détresse de l’Explorer peu avant 6h30 (HB), le capitaine et plusieurs officiers du navire étaient, dans un premier temps, restés à bord pour tenter de pomper l’eau dont la pénétration menaçait de faire couler le bateau.

L’Explorer, construit en 1969, est enregistré auprès de la société GAP Shipping, basée au Canada, selon le quotidien britannique spécialisé Lloyd’s List qui rapportait vendredi que cinq défauts avaient été relevés lors de la dernière inspection du navire. Le bateau naufragé avait quitté le 11 novembre le port argentin d’Ushuaia, à l’extrême sud du sous-continent sud-américain, qui se trouve à un peu plus de 1.000 km de la zone du naufrage.

(D’après AFP)

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