Journée Sans Achat : action à Bruxelles
n.c.
Samedi 24 novembre 2007
Une action a été menée samedi, entre 11h et 17h, sur la place de la Monnaie à proximité de la rue Neuve à Bruxelles, à l’occasion de la Journée Sans Achat, par diverses associations.
.L’objectif des organisateurs (ASBL Respire, ASBL Empreintes, le GRAAV, Kapvert et Kiosque Nomade) était de sensibiliser à l’approche des fêtes les consommateurs à la dimension politique de leurs actes et sur l’impact de leurs achats sur l’environnement. Lancée en 1991 par les « Adbusters », des activistes anti-publicitaires canadiens, la Journée Sans Achat est célébrée le dernier vendredi, en Amérique du Nord, et le dernier samedi, en Europe, du mois de novembre.
De la soupe produite par des légumes destinés à être détruits était distribuée gratuitement aux passants. « Dans un supermarché, on estime qu’en moyenne 15 kilos de fruits et de légumes sont jetés quotidiennement en raison de règles d’hygiène tellement strictes », a dénoncé un membre d’une des associations organisatrices. Des objets, tels que des livres d’occasion, étaient cédés gratuitement au public. Une parodie d’une messe a été prononcée au nom du « Pèze, du fric et du Saint-Esprit » par un prêtre fictif qui a dénoncé le culte du profit soutenu par le modèle capitaliste.
« Si tout le monde consommait comme les Belges, il faudrait trois planètes et comme les Américains, six planètes. Ce modèle n’est pas viable. Nous sommes plus ici pour informer le public que pour dénoncer.
Pour arrêter cette surconsommation, il faudrait d’abord réduire la production car l’offre engendre la demande. Il faudrait se détourner de la grande distribution et l’industrie agroalimentaire qui tuent le commerce de proximité et le petit producteur avec leur dimension sociale », a expliqué Nicolas Zurstrassen, membre de l’ASBL Respire et de RAP (Résistance à l’agression publicitaire).
« Il faudrait également abolir la publicité. On essaie de nous faire croire que c’est désormais la publicité, vitrine du capitalisme, qui finance tout. Il ne faut cependant pas perdre de vue que le coût de la publicité est répercuté dans le prix des achats. Les messages de la publicité sont imposés au public et ne distinguent plus la sphère publique de la sphère privée », a dénoncé Nicolas Zurstrassen.
Pour Bernard Legros, militant à RAP et coauteur du livre « L’école et la peste publicitaire » sorti récemment aux éditions Aden, l’école reste un des derniers sanctuaires à tenter de résister aux agressions publicitaires. « Les publicitaires essaient de violer ce sanctuaire. La publicité s’intéresse aux jeunes car ils sont plus influençables que les adultes, responsables de plus de la moitié des achats effectués par leurs parents et enfin une clientèle intéressante à fidéliser. Malgré l’interdiction de la publicité dans les écoles, le loup est déjà dans la bergerie comme le démontrent les exemples du livre. Les problèmes de financement de l’enseignement ne sont pas étrangers à cette intrusion », a expliqué Bernard Legros.
(d’après Belga)
