Les coulisses de la répression Russe

MATHIL,POL

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Lundi 26 novembre 2007

Une élection peut en cacher une autre. Deux campagnes sont ainsi en cours en Russie. La première, pour la Douma, fixée au 2 décembre, est publique. Elle a deux volets : les manifestations enthousiastes de soutien au parti Russie Unie, avec Vladimir Poutine en tête de liste, et la répression brutale des tentatives de manifestations de ce qui reste de l’opposition démocratique. Situation doublement absurde dans la mesure où le parti du président est quasi assuré de s’octroyer la majorité absolue à la Douma et où l’opposition démocratique n’a pratiquement aucune chance de pénétrer.

L’absurde n’est qu’apparent. L’enjeu de la deuxième élection, celle du président de la Russie, le 2 mars prochain, explique le mystère. Alors que le 21 décembre, dans moins d’un mois, expire les délais prévus pour la clôture de la liste des candidats, les Russes ne connaissent pas un seul nom de ceux qui s’apprêtent à briguer la succession de Poutine, le pouvoir dans leur pays. Cette campagne-ci n’est ni publique, ni enthousiaste. Au contraire. Elle reflète les incertitudes et même les hostilités au sein de l’actuelle élite russe.

Alors que la présidence de Vladimir Poutine touche à sa fin – il ne peut se présenter pour un troisième mandat consécutif –, des signes révèlent l’aggravation dans la lutte entre factions rivales au Kremlin et autour. Ces factions opposent de nombreux ex-officiers du KGB, la « maison mère » de M. Poutine, qu’il a placés dans les échelons supérieurs de l’Etat. Elle est marquée notamment par une série d’arrestations au sein de puissantes institutions, accompagnées, fait sans précédent, de prises de position publiques, dans la presse notamment.

Tous sont à la recherche des moyens de sauver leurs immenses intérêts, tout en assurant la continuité – et leur place – de l’actuel système qui ne repose en fait que sur un seul homme. Tous craignent que le processus de transition transforme la structure administrative, et, dans le chef de certains, déplace le centre de décision.

L’opération « successeur » est donc en cours. Qui limite ces législatives au simple hors-d’œuvre d’un grand festin, prévu pour mars prochain. Sans qu’on puisse en connaître le menu.

Pas de résultats.