Et si on arrêtait Le poker menteur ?
DELVAUX,BEATRICE
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Mercredi 28 novembre 2007
A-t-on jamais vu un gouvernement se construire à reculons, avec des partenaires qui vont aux négociations en se bouchant le nez ? Sans confiance, ni souvent estime, voire respect l’un pour l’autre. C’est à une immense partie de poker menteur que l’on est en train d’assister, à un jeu de dupes consentants, chacun faisant semblant de croire que l’autre n’est pas ce qu’il est. Et de tenter le grand écart pour obtenir des bouts d’accord qui sautent cinq minutes après avoir été conclus. Hier, au VLD, on parlait de Vaudeville. C’est gentil !
Le ver est dans l’Orange bleue depuis le départ et il a pour nom « cartel CD&V-NVA ». Ce cartel n’a pas comme priorité un gouvernement fédéral, un projet socio-économique pour la Belgique. Non, il a un slogan : la réforme de l’État, et tout le reste n’est qu’habillage. Un slogan à géométrie non variable puisque la NV-A, qui tient le CD&V dans le creux de sa main, ne veut d’une réforme que si elle rime avec la destruction de l’État fédéral. C’est évidemment son droit mais dès lors que le CD&V ne se démarque pas de cette position, ce qui est clairement apparu hier, tirons les conclusions qui s’imposent : il n’y aura rien à partager entre ce cartel et les autres partis.
L’Orange bleue est le « X3+Y3= Z3 » de la politique. Et Leterme est à la politique ce que Pierre de Fermat est aux mathématiques : le père d’une équation insoluble. La Belgique n’a pas cependant de temps à consacrer au petit jeu d’Yves Leterme et de ses alliés du CD&V. Qu’ils mettent cartes sur table, cessent de faire semblant et admettent que pour résoudre l’équation « CD&V + NV-A= destruction de l’État fédéral », il faut sortir de l’Orange bleue.
Car il est hors de question que les francophones se compromettent dans cette déconstruction larvée de l’État belge pour préserver une Orange bleue qui n’est plus aujourd’hui un projet, mais un acharnement. Pathétique et grotesque.
