Arena invite les écoles à ouvrir leurs portes

n.c.

Jeudi 29 novembre 2007

La ministre-présidente de la Communauté française Marie Arena a demandé aux écoles d’ouvrir leurs locaux aux parents qui attendent dans le froid. Selon elle, 18 écoles sont confrontées à des files.

Dix-huit écoles en Communauté française étaient confrontées à des files jeudi soir, à la veille du premier jour des inscriptions d’élèves au premier degré du secondaire, a indiqué la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie Arena.

La ministre, dont le décret Inscription a encore fait l’objet de réactions fort variées dans la journée de jeudi, a proposé aux chefs d’établissement des écoles concernées de mettre des locaux à disposition des parents. Elle s’est dite prête à mobiliser le personnel de la Communauté afin de rendre cette solution possible.

« Les files ont commencé un jour plus tôt que ce que nous avions imaginé », a reconnu Marie Arena. « Il y a eu un phénomène d’entraînement, un phénomène médiatique, et cela a provoqué une peur panique dans le chef de certains parents », a-t-elle affirmé sur les plateaux des journaux télévisés du soir.

« Notre objectif n’est pas de mettre les parents en difficulté ni de rendre les choses inhumaines », a-t-elle assuré.

Marie Arena rappelle que son décret a pour objectif « d’améliorer le système éducatif, dont des enquêtes scientifiques montrent qu’il est peu équitable ». L’évaluation prévue du décret n’aboutira pas à une marche arrière, a-t-elle souligné, mais bien à identifier les difficultés de mise en œuvre du décret. « Nous allons rencontrer les 18 écoles concernées et voir comment on peut améliorer la situation », a encore ajouté Marie Arena.

Constatant l’ampleur des files devant certaines écoles de sa commune, le bourgmestre de Wavre, Charles Michel a pris un arrêté de police ordonnant aux écoles concernées l’ouverture des locaux afin de permettre aux parents d’être abrités durant la nuit. Cet arrêté a été pris pour des motifs de sécurité et de tranquillité publiques et afin de veiller à la dignité de chacun.

Les files qui se sont créées devant certains établissements scolaires pour l’inscription au premier degré du secondaire ont continué à susciter des réactions en sens divers jeudi, veille du premier jour où les écoles prendront les inscriptions.

Au parlement de la Communauté française, le MR a tenté en vain d’obtenir l’urgence pour sa proposition de décret annulant le nouveau décret « Inscriptions » de la ministre Marie Arena. Les réformateurs jugent que, bien loin de favoriser la mixité dans les écoles, le nouveau système d’inscription crée le chaos. Son insécurité juridique en fera une proie facile pour les recours juridiques, ont répété les députés réformateurs Françoise Bertieaux et Willy Borsus.

Ecolo est lui aussi d’avis que le décret ne va pas améliorer la mixité sociale : les publics défavorisés ne sont pas présents devant les écoles réputées, explique un communiqué des Verts. Pour eux, les files constatées devant quelques établissements constituent des effets spectaculaires mais attendus. Elles sont le résultat d’une politique ultralibérale : seuls ceux qui ont les moyens financiers peuvent se permettre de prendre congé, de payer des jobistes et des connaissances et de multiplier leur présence dans les files pour être assurés de l’inscription de leur enfant.

Cela va renforcer l’effet ghetto et faire une publicité gratuite inespérée pour les établissements concernés, dit Ecolo, qui veut un autre décret, qui renforce encore le financement des écoles accueillant les enfants issus des quartiers défavorisés.

« Marie, arrêtons les files, ouvrons trois écoles », interpelle le ministre wallon André Antoine. Selon des statistiques qu’il expose longuement dans un communiqué, l’évolution du nombre d’élèves dans le Brabant wallon y justifie la création de trois nouvelles écoles secondaires. Il rappelle au passage que le gouvernement wallon a dégagé un budget de 25 millions d’euros pour subventionner à 75 % les investissements économiseurs d’énergie dans les bâtiments scolaires et en appelle à une réaction urgente des autorités de la Communauté française.

La FGTB wallonne estime que si le décret Arena est peut-être imparfait, il représente incontestablement un pas dans le bon sens. Les événements illustrent l’actualité d’une polarisation « gauche-droite » dans les choix de société que traduisent certaines décisions politiques, affirme le syndicat dans un communiqué.

La mixité est un choix de société qui n’est pas à l’évidence celui de la droite libérale, dit la FGTB, qui juge choquante la « volonté militante de parents issus des milieux les plus aisés de maintenir pour eux seuls la possibilité d’inscrire leurs enfants dans quelques écoles ’15 sur 700 en Communauté française’ présentées comme des institutions d’élites ».

(D’après Belga)

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