Accueil triomphal pour un ratage

n.c.

Dimanche 2 décembre 2007

L’édito de « Het Laatste Nieuws »

Yves Leterme a presque été accueilli comme un héros samedi par ces collègues de parti. Il ne manquait plus aux applaudissements que les lions flamands de la N-VA pour que la fête soit complète. A l’étranger, on aura certainement regardé ces images avec grand étonnement (…). Le principal parti du pays, jadis pilier du régime, est arrivé à un tel stade qu’il fait la fête sur une défaite. On peut dire beaucoup de choses de la méthode d’Yves Leterme, mais pas qu’il ne sait pas qu’elle est la corrélation entre politique et perception. A chaque phase de la formation, Leterme avait une vision précise de la façon dont il devait habiller sa « sortie ». A deux reprises, ce fut la faute de Joëlle Milquet. Les dernières questions posées par le formateur aux quatre partis étaient (…) destinées à éloigner le Père Fouettard du cartel. C’étaient des questions avec une connotation dont Leterme savait très bien que Milquet répondrait par la négative ou qu’elle esquiverait. Manifestement, les leaders du CD&V partent du principe que les gens oublient vite, mais il est un fait qu’il y avait un accord de tous les partis en début de semaine, Milquet et le CD&V inclus, que la N-VA a torpillé.

Cela signifie-t-il la fin de l’Orange bleue de Leterme ? Même après six mois, ce n’est pas ou peut-être pas le cas. Un bon drame comporte trois volets et on n’en a encore que deux. Il est donc toujours possible que Leterme revienne à nouveau et qu’il y aura alors davantage de volonté d’aboutir, parce que chacun se rendra tout doucement compte que l’avenir de ce pays, celui des francophones et des Flamands, est menacé par la crise actuelle. Il a plu des vetos dans tous les sens dimanche. Ecolo contre N-VA, CD&V contre Ecolo, tous contre une tripartite, CD&V contre un autre Premier que Leterme, etc., etc. Après un double ratage, il serait d’ailleurs préférable que le cartel adopte un ton plus humble. (…) Même le Souverain ne sait manifestement plus comment faire pour continuer. Samedi, il a accueilli le Premier ministre sortant et après on n’a plus rien entendu en provenance du château du Belvédère. Il est un fait que la Belgique a besoin d’un gouvernement. C’est la première mission qu’il faut remplir afin d’éviter que le pays ne se désintègre discrètement. Ce n’est pas une option d’envoyer à nouveau quelqu’un au front et de tout rediscuter pendant des mois. (…) Le pays n’a plus le temps d’attendre.

Traduit du néerlandais par Philippe De Boeck.

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