Il faut un équilibre institutionnel

n.c.

Dimanche 2 décembre 2007

L’édito du « Standaard »

Après près de six mois, nous ne sommes nulle part. L’impasse politique a rarement été telle. Etaient-ce des mois inutiles ? Non. Dans quelques années, il se révélera sans doute que cette demi-année écoulée était l’une des plus intéressantes de notre histoire nationale contemporaine.

La conclusion la plus importante de cette guerre des nerfs politique est qu’on ne parviendra pas à former un gouvernement fédéral sans un débat en profondeur sur la réforme de l’Etat. Il doit être clair pour tout le monde qu’on n’arrivera à rien sans des accords à grande échelle sur les nouveaux équilibres de ce pays.

Si ce pays veut garantir le bien-être de ses concitoyens – en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles –, il faudra s’engager, parallèlement à la formation d’un gouvernement (d’urgence) socio-économique, sur un vaste accord portant sur la réforme de la Belgique. Nombre de tabous historiques et de considérations tactiques devront être mis de côté. L’agenda de la « conférence nationale » à laquelle les trois grandes familles devront participer ne devra pas avoir d’exclusives.

L’autonomie fiscale, une circonscription fédérale, la régionalisation de la sécurité sociale, la refédéralisation de certaines compétences, la synchronisation des scrutins, l’élargissement de Bruxelles et tant d’autres dossiers à risque doivent pouvoir être discutés.

Les Flamands qui seront autour de la table devront clairement montrer que la survie de la Belgique n’y sera pas discutée. Une aventure séparatiste n’est pas une option. Les francophones devront clairement montrer qu’un « non » sans contenu n’est pas une option pour atteindre de nouveaux équilibres. Un statu quo insensé n’est pas non plus une option.

Politique-fiction ? Non. Tant l’Open VLD ( Somers) que le PS (Di Rupo) ont plaidé ces derniers jours pour un « nouvel équilibre institutionnel ». Les réponses positives du MR (Reynders) et du CD&V/N-VA (Vandeurzen et De Wever) aux questions de Leterme sur un agenda ouvert pour la Convention laissent entrevoir que les hommes d’Etat nécessaires sont là.

Parce que c’est là le problème dans cette crise : des hommes politiques du nord et du sud, au pouvoir et dans l’opposition, qui placent l’intérêt de la nation et de ses citoyens au-dessus de leurs propres intérêts et de ceux de leurs partis. C’est aussi sur ce point que ce journal réglera ses comptes avec les leaders des différents partis.

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