Qui croit encore en Yves Leterme ?

n.c.

Dimanche 2 décembre 2007

L’édito du « Morgen »

D’après son président de parti, Jo Vandeurzen, Yves Leterme devrait avoir une statue à son effigie parce qu’il a montré tant de ferveur au travail et tant de patience. Même si tel était le cas, il est un fait qu’Yves Leterme n’a pas obtenu ses 800.000 voix pour ses promesses de patience et de labeur, mais bien grâce à quatre autres promesses.

Leterme avait promis de la « bonne gouvernance ». Après 174 jours, il n’est pas question de « bonne gouvernance », il est plutôt question de pas de gouvernance du tout. Tous les jours, la Belgique perd de son crédit à l’étranger, tous les jours l’addition de la non-gouvernance enfle, même si la population ne la ressent pas.

Yves Leterme avait promis que « cinq minutes de courage politique » suffiraient pour mettre un terme à l’incapacité du gouvernement arc-en-ciel de modifier la donne communautaire. Après 174 jours ou 250.560 minutes, il n’est nulle part au plan communautaire ; parce qu’il a été et est toujours pris en otage par ses partenaires de l’extrême, ceux de la N-VA et du CDH.

Leterme avait promis que son parti ne rentrerait pas dans un gouvernement sans la scission de BHV. Après 174 jours, ce dossier est bloqué par la procédure parlementaire, qui ne reviendra dans l’actualité que l’année prochaine. Il n’y a même pas un début de solution à ce problème.

Leterme avait promis que son parti ne rentrerait pas dans un gouvernement sans une profonde réforme de l’Etat. Non seulement il n’est pas question d’une quelconque réforme de l’Etat, mais il n’y a même pas un début d’accord sur ce qui pourrait être discuté au sein d’une Convention préparatoire à une telle réforme de l’Etat.

Tel est le bilan d’Yves Leterme après 174 jours.

Nous ne lui en voulons même pas de ne pas avoir obtenu de résultat. Personne n’aurait pu tenir toutes ces promesses, sachant qu’une majorité simple ne suffirait pas à réaliser tant d’objectifs pour lesquels une majorité des deux tiers est nécessaire.

Par contre, nous lui en voulons beaucoup parce qu’il savait parfaitement qu’il ne pourrait tenir toutes ses promesses – l’homme n’est pas un idiot. Mais il a fait tout cela pour des raisons purement électorales et a fait miroiter tant de promesses à l’opinion publique, avec comme suite logique que nous sommes maintenant empêtrés dans une véritable crise de régime.

Et pour paraphraser sa propre expression : qui croit encore en cet homme ?

Pas de résultats.