Trop peu d’énergies renouvelables en Belgique
n.c.
Lundi 3 décembre 2007
La Commission européenne souhaite voir la part des renouvelables dans le panier énergétique de la Belgique passer de quelque 2 % à l’heure actuelle, à 13 % d’ici 2020, et ce au grand dam des autorités nationales qui redoutent le coût financier d’un tel objectif.
En mars dernier, les Vingt-sept ont décidé de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale européenne d’ici 2020 (contre 8 % aujourd’hui), un effort commun que la Commission européenne s’emploie à présent à répartir entre les différents Etats membres.
A cet effet, une délégation belge a été reçue mercredi dernier à la Commission européenne pour se faire exposer la méthode qu’elle entend utiliser pour répartir cet effort commun entre les différents Etats membres.
L’idée caressée actuellement par l’exécutif européen est d’imposer à tous les Etats membres une augmentation minimale de 5,75 % de leur production de renouvelables pour 2020, un taux qui serait augmenté par un objectif supplémentaire calculé en fonction du PIB/habitant de chaque Etat membre.
Ce mode de calcul vise à imposer aux Etats européens les plus riches des objectifs plus ambitieux que les Etats issus de l’élargissement, lesquels disposent de moyens financiers moins importants.
« Ce mode de calcul n’est certainement pas favorable à la Belgique.
Cela risque de nous coûter très très cher », s’inquiète-t-on dans les cercles belges.
Selon les plans actuels de la Commission, la Belgique se verrait en effet imposer un objectif de production verte de 13 % d’ici 2020, contre à peine 2 % en 2005.
« La Commission européenne ne tient pas du tout compte du rapport coût/efficacité, ni de notre topographie, ni notre faible potentiel de production.
Ce qui risque de se passer, c’est qu’on va devoir payer le développement des renouvelables en Pologne ou au Portugal », peste cette source belge.
Le Premier ministre Guy Verhofstadt devrait d’ailleurs s’entretenir du sujet avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l’occasion du prochain sommet européen du 14 décembre prochain. Des contacts ont en outre déjà été lancés vers les autres pays du Benelux pour faire bloc contre le projet de la Commission.
Sa proposition finale est attendue le 23 janvier prochain, en même temps qu’une série de propositions en matière de lutte contre dérèglement climatique, notamment un plan de réforme du système d’échange de droits d’émissions (ETS), ainsi qu’une proposition de clé de répartition de l’objectif de réduction de 20 % des émissions de CO2 de l’Union européenne d’ici 2020 également approuvé en mars dernier par les Vingt-sept.
En 2001, dans le cadre d’un accord volontaire européen, la Belgique s’était engagée à porter sa production d’énergie renouvelable à 6 % de sa consommation d’ici 2010, un objectif « indicatif » qu’elle ne sera toutefois pas en mesure d’atteindre, les énergies vertes ne comptant à l’heure actuelle que pour à peine 2 % de la consommation du pays.
(D’après Belga)
