Valéria Siniouchkina égérie du 9e Modo Bruxellae
HUON,JULIE
Lundi 3 décembre 2007
Mode/
Pour la 9e édition du prix Modo Bruxellae, la mode bruxelloise a défilé sur le catwalk Victoire/Le Soir et Girls from Omsk a joué les bad bad girls.
La jeune styliste a empoché ce lundi soir, devant treize autres candidats et dans les sous-sols des galeries de la Toison d’Or, à Bruxelles, le prix Modo Bruxellae (9e édition) qui récompense annuellement un créateur de mode établi dans la capitale et ayant commercialisé moins de dix collections. Ce qui est bien le cas de Valéria qui présenta, en octobre 2005, ses premières pièces pour le printemps-été 2006 au salon Rendez-vous à Paris. La collection s’intitulait « Girls from Omsk go to L.A. ». Elle inaugurait une longue série de « Girls from Omsk go to… », amorcée avec son travail de fin d’études – elle sort diplômée avec distinction de La Cambre en 2002 – qui lui vaut le prix Henri Bendel du prestigieux Festival de la mode d’Hyères, en France.
Omsk, c’est la ville natale du papa de cette blonde à la mine boudeuse. Sud-ouest de la Sibérie, 2.555 km de Moscou. Le poste du père de Valéria l’obligeait à déménager tous les quatre ans. Après les cases Montréal, Moscou et Zurich, la famille jette l’ancre en Belgique. Valéria a 14 ans. Aujourd’hui, devenue sédentaire, elle a choisi de faire voyager, pour elle, ses filles imaginaires.
Le label Girls From Omsk, c’est une bande de gamines toujours sur les routes, grappillant et réinterprétant ce qu’elles croisent tout au long de leur virée à travers le monde. Chaque collection est dédiée à une ville : Londres, Berlin, Rome, Mexico, New York… Cette fois, pour le printemps-été 2008, c’est à Lodz, en Pologne, que les poulettes ont fait escale. La collection est moins un hommage à la ville qu’à la chaleur de ses habitants.
« Ma ligne, explique la créatrice, est jeune, funky, directe. Un mélange de street et de chic. » Où la culture streetwear se fond dans une énergie et une fraîcheur juvéniles, mais aussi dans un esprit couture. Parce qu’il y a de l’élégance dissimulée sous ces tee-shirts de rappeuse aux couleurs délavées. Du corps, une coupe.
Ce cru 2008 ressuscite le turquoise, le violet, le rose, garde le gris, le noir et blanc mais les électrise d’imprimés rose, jaune et vert fluo. Les « Girls from Omsk go to Lodz » et en reviennent couvertes d’étoiles, de jersey, de capuches, de minijupes, de tee-shirts dont les dessins noirs sont déformés par les seins, de formes géométriques, de caleçons moulants, de bretelles, de mini-shorts en jean… Valéria aime les années 80, les ongles turquoise et les bouches fluo. Son vestiaire enchanterait les jeunes chanteuses Yelle ou Micky Green, ou la Lio d’il y a 25 ans. Mais pour se faire tourner la tête, ces bad bad girls seraient plutôt du genre à échanger leur hula-hoop contre une petite pilule d’ecstasy.
