Un nouveau Jury d’éthique publicitaire

DRESSE,ISABELLE

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Vendredi 7 décembre 2007

Publicité Les consommateurs seront désormais représentés à parité avec les annonceurs

Une formation qui a duré plus de deux ans… Finalement, le Jury d’éthique publicitaire (JEP) nouveau est arrivé. Avec, comme point principal, l’introduction des consommateurs au sein de ce jury. Une petite révolution en soi, déjà citée en exemple à l’étranger.

Concrètement, à partir de janvier 2008, c’est un jury de quatre personnes qui examinera les plaintes concernant une pub adressées par les citoyens. Ce jury comptera deux représentants du secteur de la publicité et deux consommateurs, l’un désigné par Test-Achats et l’autre par la Fondation Roi Baudouin. Pour trouver la perle rare, la Fondation a organisé un appel à candidats au sein des nombreux panels de consommateurs qu’elle consulte régulièrement.

Par souci d’efficacité, le JEP nouvelle version double la fréquence de ses réunions en passant à un rythme hebdomadaire. Dans la pratique, il y aura deux jurys différents qui se rassembleront en alternance.

Autre nouveauté, l’annonceur ou le consommateur plaignant qui ne serait pas satisfait par la décision du jury peut, sous certaines conditions, aller en appel. Le jury d’appel est également garant de la parité entre le secteur publicitaire (huit personnes) et la société civile (quatre consommateurs lambda et quatre spécialistes des questions de communication issus entre autres du monde universitaire). Il se réunira une fois par mois, qu’il y ait ou non des plaintes à traiter. « De cette façon, le jury d’appel peut devenir un lieu de réflexion sur l’évolution des pratiques publicitaires et de la société », explique Piet Jaespaert, président du Conseil de la publicité.

Test pour les associations

de consommateurs

Les associations de consommateurs ont longuement hésité à se lancer dans l’aventure. Leurs objections reposaient notamment sur le fait que les décisions du JEP se basent en partie sur les codes sectoriels qui ont été rédigés sans l’avis des consommateurs. « Pour Test-Achats, il s’agit bien d’un test, souligne Jean-Philippe Ducart, porte-parole de l’association. Nous allons évaluer les résultats tous les trois mois. Si nécessaire, nous exigerons des modifications ou nous nous retirerons. » Test-Achats veut-il durcir le ton d’un jury jugé trop laxiste ? « C’est en tout cas le début d’un nouvel ordre qui va dans le sens de la corégulation, se réjouit Jean-Philippe Ducart. Nous avons pu observer que le JEP ne tient pas toujours compte d’éléments propres au point de vue du consommateur dans ses décisions. Cela va changer. »

Si le JEP ne représente pas la panacée à tous les maux des pratiques publicitaires, Test-Achats reconnaît que le jury constitue la seule instance vers laquelle le consommateur peut se tourner. « Au niveau des tribunaux, les plaintes concernant la publicité ne sont guère la priorité et, bien souvent, le consommateur renonce à porter plainte. C’est parfois très frustrant pour lui, surtout quand il s’agit de questions liées à l’éthique et au bon goût. » C’est évidemment ces questions-là qui suscitent le plus de réactions dans l’opinion publique. Jean-Philippe Ducart concède qu’il ne sera sans doute pas facile de trancher sur ces points. Précisons que les décisions du JEP sont prises sur base du consensus et qu’il peut émettre un avis de réserve ou obliger un annonceur à modifier ou suspendre une campagne. L’an dernier, le JEP a examiné 318 plaintes.

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