« Plus de pouvoir d’achat »

n.c.

Samedi 15 décembre 2007

Quelque 20.000 personnes ont manifesté samedi dans les rues de Bruxelles pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat. Les syndicats ont rencontré le Premier ministre Guy Verhofstadt qui s’est dit conscient du problème. Ils ont eu des mots durs à l’égard des négociateurs politiques.

Les négociateurs politiques doivent s’occuper des problèmes des gens, ont scandé à l’unisson les marcheurs venus réclamer des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat, une sécurité sociale fédérale forte et une fiscalité plus équitable.

La manifestation nationale, placée sous le slogan « sauvons le pouvoir d’achat et la solidarité » à l’appel du front commun syndical CSC, FGTB et CGSLB, a atteint la mobilisation espérée par les syndicats qui tablaient sur un chiffre allant de 15.000 à 25.000 manifestants.

Une telle participation aurait pu être hypothéquée par la grève menée dans les chemins de fer à l’appel du syndicat indépendant des cheminots (SIC). Malgré cela, bon nombre de manifestants se sont rendus à Bruxelles en train, ce qui a entraîné des arrivées au compte-gouttes.

Au final, les organisations syndicales ont recensé 25.000 participants, alors que la police parle de 18.000 manifestants. Cette dernière n’a signalé aucun incident.

Le cortège comptait principalement des militants syndicaux, dont certains étaient venus en famille. Des politiciens comme Elio Di Rupo ont également pris part à la marche pour la solidarité et le pouvoir d’achat.

Les dirigeants syndicaux n’ont pas mâché leurs mots à l’égard des mondes politique et patronal lors des discours de fin de manifestation. Un message est revenu plusieurs fois : le monde politique doit s’occuper des vrais problèmes des gens, à savoir la hausse des prix de l’alimentation, de l’essence, du mazout et des loyers.

« Appelez-le ’gouvernement d’urgence’, ’gouvernement d’intérim’. Peu importe, du moment qu’une politique urgente soit prise pour faire face aux vrais problèmes des gens », a indiqué le président du syndicat chrétien (CSC), Luc Cortebeeck.

« Occupez-vous des vrais problèmes des gens ».

« D’un côté, nous voyons un monde politique incapable de s’entendre pour former un gouvernement et presque totalement obnubilé par le seul enjeu institutionnel. D’un autre côté, il y a notre vie d’allocataire social ou de salarié qui se décline avec des fins de mois de plus en plus difficiles », a indiqué pour sa part Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC. « Ce que nous attendons des responsables politiques, c’est que rapidement ils se recentrent sur les priorités socio-économiques et mettent en place une véritable politique sociale soucieuse du développement de l’emploi et de la qualité de la vie des salariés et des allocataires sociaux », a-t-il poursuivi.

La secrétaire générale du syndicat socialiste (FGTB), Anne Demelenne, a pour sa part déploré que « cela fait 6 mois que nous avons voté et toujours pas de gouvernement. Six mois que les prix des carburants, des denrées alimentaires, flambent. Cette crise n’entame pas que notre patience. Elle coûte très cher à la collectivité ». La secrétaire générale chiffre le coût pour les caisses de l’État à 2,5 milliards d’euros. Elle a conclu son allocution en indiquant qu’« il faut rétablir la confiance entre tous les citoyens, du Nord, du Sud ou de Bruxelles ».

Le président de la FGTB estime que la manifestation est un signal envoyé aux politiciens : « Occupez-vous des vrais problèmes des gens ». Il pense aussi que la modération salariale prônée par le patronat est inacceptable.

Le président du syndicat libéral (CGSLB), Jan Vercamst, pense que le monde politique ne doit plus s’occuper des querelles communautaires, mais prendre ses responsabilités pour arrêter la misère.

Les trois syndicats ont promis une mobilisation plus importante si rien ne change.

Verhofstadt conscient du problème

Le gouvernement de transition pourra prendre des mesures pour alléger les problèmes liés au pouvoir d’achat s’il obtient un soutien politique suffisant. C’est le message qu’ont reçu ce samedi après-midi les syndicats lors d’une rencontre avec le Premier ministre Guy Verhofstadt. « Le Premier ministre est conscient du problème du pouvoir d’achat », a indiqué le président du syndicat socialiste FGTB, Rudy De Leeuw, qui précise que les réponses du chef du gouvernement ne sont pas assez concrètes.

Le Premier ministre est en revanche clairement opposé au contrôle des prix. Il serait favorable à une amélioration des salaires et des allocations sociales.

Selon le président de la CSC, Luc Cortebeeck, le Premier ministre va présenter des mesures dans le cadre d’un programme de transition. Il s’agit notamment d’accords avec les secteurs de l’alimentation et de l’énergie.

Une réunion sur le pouvoir d’achat aura lieu lundi à 16 heures entre les syndicats et les employeurs.

(D’après Belga)

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