Paradisio, substitut au sucre

DEHENEFFE,BRUNO

Page 11

Mardi 18 décembre 2007

Brugelette La nouvelle taxe ne frappe que le parc animalier

La fermeture de la sucrerie de Brugelette prive la commune de recettes fiscales. Qui a trouvé une alternative.

Avec la fermeture imminente de la sucrerie de Brugelette, ce sont 230.000 euros de recettes fiscales qui, en 2008, n’alimenteront plus les caisses communales. Une tuile pour la majorité (PS – Ensemble) qui, jeudi soir, présentera un budget déficitaire de 500.000 euros. « Seul le Centre régional d’aide aux communes a les moyens de sauver notre commune de la faillite via un plan de gestion rigoureux », constate le bourgmestre André Desmarlières (PS).

Dans l’espoir d’éviter ce scénario, le pouvoir local s’apprête à faire voter l’adoption d’une nouvelle taxe sur l’accès aux spectacles et divertissements. « Afin de ne pas pénaliser les petits organisateurs, une exonération sur les 50.000 premières entrées assortira ce règlement fiscal », précise le maïeur. Hormis le parc Paradisio, aucun lieu n’affiche un tel taux de fréquentation sur le territoire de l’entité. Pas même le château d’Attre, qui attire à peine 10.000 visiteurs par an.

Bien qu’elle s’appuie sur la circulaire du ministre Courard, il n’est pas sûr que la proposition des autorités brugelettoises visant à percevoir 75 cents sur chaque ticket d’entrée (18,5 euros) au domaine de Cambron-Casteau, reçoive le blanc seing de la Région wallonne. « Cette taxe s’élabore sans aucune concertation avec la direction du parc et va radicalement à l’encontre de l’esprit du plan Marshall, déplore Eric Domb, patron de Paradisio et président de l’Union wallonne des entreprises (UWE). Paradisio n’est tout de même pas responsable du démantèlement de la sucrerie. Ce projet de taxe est déplacé et inapproprié en regard du contrat moral initial. Depuis la création du parc au début des années 90, les habitants de l’entité bénéficient d’un abonnement gratuit sur base de l’engagement pris par le Collège de l’époque de renoncer à ce type de prélèvement », rappelle Eric Domb.

Selon des projections, la hausse des tarifs découlant de cette taxe déjà controversée pourrait se traduire par une baisse d’affluence de 50.000 visiteurs. La commune, elle, défend sa logique car sa marge de manœuvre est réduite : « Si de 8 %, on fixe l’IPP à 8,8 %, c’est l’ensemble des contribuables qui va trinquer, prévient le bourgmestre. Malgré l’instauration de cette taxe, la commune ne parviendra pas à équilibrer son budget mais sera en mesure de respecter la règle du tiers boni, ce qui lui épargnerait une mise sous tutelle », argumente-t-il encore.

Pas de résultats.