A Zaventem, où est le problème ?

DE BOECK,PHILIPPE

Vendredi 21 décembre 2007

Eric Rompuy a frappé fort. En ayant réussi à décréter que sa commune de Zaventem allait vendre des terrains uniquement à des acheteurs s’exprimant en néerlandais (le texte ne précise pas si l’accent francophone ou anglo-saxon est toléré). Plus fort encore : la Commission européenne s’intéresse de près à cette mesure qui ressemble à un nouveau cas de discrimination. Joli coup pour cette commune qui abrite accessoirement l’aéroport international de Bruxelles. Mais évidemment, cela n’a rien à voir.

En bon démocrate social-chrétien, Van Rompuy est convaincu du bien-fondé de son idée, qu’il a réussi à faire passer en conseil communal un soir d’avril 2006. Un vote légèrement communautaire, puisqu’il a opposé les 23 élus flamands aux 6 mandataires francophones. On se demande d’ailleurs pourquoi, puique la mesure est « sociale ». L’échevin justifie en effet son « caractère social » : le prix de vente au mètre carré est fixé d’avance et est deux fois plus bas que le prix du marché. La commune veut à tout prix vendre des terrains à des acquéreurs peu fortunés ? Excellente initiative !

Plusieurs critères sont avancés, certains compréhensibles (première acquisition, habiter ou être né dans la commune, etc.), d’autres le sont nettement moins, comme celui de la connaissance du néerlandais.

Car en quoi la connaissance du néerlandais empêchera-t-elle un particulier ayant eu la chance de pouvoir acheter un terrain de le revendre plus tard à un prix supérieur à un acheteur qui ne devra plus rien prouver par la suite ? Cette mesure, qui s’apparente plus à un « coup », ne pourra être rééditée bien souvent. Mais elle illustre une fois de plus ce combat d’une certaine Flandre contre la « tache d’huile » francophone et pour la reflamandisation de la périphérie. Eric Van Rompuy ne s’en cache pas.

Zaventem est certes une commune flamande et personne ne le contestera, mais elle est aussi aux portes de la capitale de l’Europe, coincée entre le Ring de Bruxelles et son aéroport, d’où s’envolent des avions qui font beaucoup de bruit. Il y a des endroits plus agréables pour acheter un terrain. Alors, où est le problème ?

Pas de résultats.