Les porcs pointent leur groin

VANHAM,VINCENT

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Vendredi 21 décembre 2007

Vieux-Genappe 4.000 têtes produiront 4.800 m3 de lisier par an

La deuxième version du projet de porcherie a été présentée. Peu modifiée. Les riverains restent opposés.

Ca a grogné ferme jeudi soir à Loupoigne où se déroulait une réunion de consultation relative au projet de porcherie industrielle dans la campagne de Vieux-Genappe. L’assistance était en effet d’autant plus opposée au projet qu’elle pensait en être quitte lorsque, à la mi-octobre, la demanderesse avait abandonné une première mouture de son projet avant même la fin de l’enquête publique. La surprise a donc été grande quand, fin novembre, de nouveaux avis d’urbanisme ont poussé aux abords du chemin du Petit Foriest.

Cette réunion, obligatoire et préalable à l’étude d’incidences, a réuni une bonne centaine de personnes, pour la plupart opposées au projet qui prévoit la construction et l’exploitation d’une porcherie de 4.000 porcs à l’engraissement. Et c’est d’ailleurs ce qui provoquait l’étonnement du public présent : le dossier n’a pour ainsi dire pas changé en surface. Même superficie, même capacité, même fonctionnement.

Le principal changement se situera dans la rédaction de l’étude d’incidences qui apportera des éléments manquants dans sa première version, qui fournira des avis d’experts indépendants et qui évitera au maximum tout vice de procédure. « Nous voulons que la décision d’octroi ou de refus du permis se base sur des arguments objectifs et que les éventuels recours se fassent sur la forme et pas sur le fond », a expliqué l’auteur de l’étude d’incidences.

Chaque année, ce sont 9.600 porcs qui transiteront par la porcherie. Les porcelets proviendront d’un élevage de Faimes et mettront près de 120 jours à atteindre le poids idéal de 110 kilos en mangeant 2 kilos de nourriture par jour. Et 4.800m3 de lisier chaque année…

La demanderesse, Nelly Vandererven, 25 ans, a dit croire fortement en son projet et être prête à investir dans des technologies performantes telles que le lavage d’air et l’enfouissement du lisier. « Mais tout cela a un coût et nécessite de produire 4.000 porcs afin que cela reste rentable », a-t-elle expliqué.

Le public n’a, quant à lui, pas changé sa position par rapport au dossier précédent. Il craint l’impact sur les nappes phréatiques et le sous-sol, l’impact olfactif et les rejets dans l’atmosphère, l’épandage du lisier, l’augmentation du charroi et les nuisances sonores. Sans oublier qu’il s’inquiète pour le bien-être des animaux, stockés à seize dans des boxes de 11m2. Le propriétaire d’une salle de banquets craint, lui, de voir son nombre de locations chuter. Un autre résumait la situation à sa façon : « c’est l’intérêt particulier qui se heurte à l’intérêt de la collectivité. »

Les remarques à intégrer dans l’étude d’incidences sont à faire parvenir par écrit à l’administration communale dans les deux semaines.

Pas de résultats.