Les déchets dans le doute

CHALKLIN,MICHAEL

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Samedi 22 décembre 2007

Région L’Intercommunale a prévu différents scénarios

Déroger à l’interdiction des déchets ménagers en décharge à partir du 1er janvier ? On l’ignore encore.

Plus aucun déchet ménager ne pourra être versé dans un Centre d’enfouissement technique (CET) à partir du 1er janvier 2008, selon un décret wallon. Que va faire l’Intercommunale du Brabant wallon (IBW) ? Pas de réponse arrêtée dans le plan stratégique 2008-2010 approuvé, mardi à Nivelles, en assemblée générale.

Dans le plan de gestion des déchets en Brabant wallon, il manque un élément essentiel : le centre de tri et de broyage des encombrants et de bio-séchage et de transfert des ordures ménagères. Les encombrants ménagers ne pourront plus être mis en CET à partir du 1er janvier 2010.

Le centre permettrait de les trier. La partie non recyclable serait incinérée à Virginal (Ittre). Ce centre s’impose aussi pour les ordures ménagères. Car comment justifier le voyage de camions de collecte à travers toute la province alors que l’environnement est une priorité ? Le plus vraisemblable est de voir ce centre aménagé à Mont-Saint-Guibert, qui accueille déjà le CET.

L’IBW a certes introduit une demande de dérogation auprès du ministre wallon Benoît Lutgen (CDH) mais dans le seul cas d’un arrêt de l’incinérateur. Pour le reste, « on est coincé entre le marteau et l’enclume », estime Etienne Offergeld, le chef du service Valmat (Valorisation des matières) à l’IBW.

Car l’incinérateur a été financé à 85 % par la Région. Cet outil avait été demandé pour garantir l’autonomie de la province.

Dans la crainte des conséquences financières de l’arrêt de la mise en décharge, certaines communes du centre du Brabant wallon ont cependant invité l’IBW à introduire une demande de dérogation. « Comment interdire par exemple à Mont-Saint-Guibert de mettre ses déchets en décharge sur son territoire alors que des communes d’autres provinces le pourraient sous couvert de dérogation ? », demande Etienne Offergeld.

Par contagion, cinq communes souhaitent profiter du CET au-delà du 1er janvier : Mont-Saint-Guibert, Villers-la-Ville, Chastre, Ottignies-Louvain-la-Neuve et Court-Saint-Etienne.

En Namurois, le Bureau économique de la Province (BEP) tente un coup de poker : les déchets mis en décharge seraient « résiduels » et non « ménagers bruts ». Et les déchets résiduels pourront être mis en décharge jusqu’en 2010. Le BEP sollicitait une dérogation depuis des mois mais n’en aurait plus besoin. « Irresponsable », a réagi le ministre wallon Benoît Lutgen (CDH).

Sans nouvelles du ministre, l’IBW échafaude des scénarios depuis des mois. Elle a ainsi signé une convention avec l’entreprise Benoît Beerens, à Perwez. Elle dispose déjà d’un centre de tri d’ordures ménagères d’une capacité de 10.000 tonnes pour les communes de l’extrême Est. Les coûts sont connus.

« Sans dérogation, on active le centre de transfert, explique Etienne Offergeld. Pour les communes de l’Ouest, cela ne changera rien. Elles se rendent déjà à Virginal. Pour les communes du Centre qui se rendaient au CET, elles iront à Virginal. Si le nombre de kilomètres est supérieur, l’IBW leur payera la différence. Dans le cas contraire, les communes payeront l’IBW. Il y aura une enveloppe commune pour que chacune paye le même prix. Pour les communes de l’Est, elles devront se rendre au centre de transfert de Perwez. Vu le nombre moindre de kilomètres, elles payeront à l’IBW la différence et l’intercommunale assurera le transport jusqu’à Virginal. »

Dioxine, poussières… : les performances de l’incinérateur sont telles que l’outil est en deçà des normes, à l’exception des oxydes d’azote. La norme est de 200 milligrammes par m3 à pression normale. L’incinérateur en rejette entre 220 et 240. L’investissement de 10 millions prévu réduira ces rejets à 70 mg. Le chantier débutera en 2008 pour s’achever en 2009.

Pas de résultats.